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Lait L’ultra-frais laitier continue sa baisse inexorable

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Le Syndifrais a présenté son bilan 2017 : les ventes de yaourts baissent encore une fois en valeur et en volume en grandes surfaces. Mais des marchés de niche, comme le bio ou les petites marques progressent. Les jeunes et la distribution de proximité sont des pistes à creuser.

Le marché des produits frais laitiers a encore reculé en 2017, a constaté le Syndifrais, le syndicat professionnel des produits laitiers frais, à l’occasion de son assemblée générale le 30 mars. Selon les données chiffrées présentées, les ventes ont atteint 4,48 milliards d’euros en 2017 (-1,9% par rapport à 2016) et un volume de 1,76 million de tonnes (-2,6%). Ces données prennent en compte les ventes de fromages frais, crème fraîche, desserts lactés frais, yaourts et lait fermentés en hypermarchés, supermarchés, EDMP et drive. Ces chiffres excluent donc la proximité, les magasins spécialisés (biologiques et produits fris) et la RHF. « Le marché global annuel se situe plutôt à 2,2 millions de tonnes », précise le syndicat. 

La production subit aussi les conséquences de ce marché domestique en retrait : 3,16 millions de tonnes de produits ont été fabriqués en France en 2017, soit -1,8% par rapport à 2016. Quant au solde du commerce extérieur, il reste positif à 448 000 tonnes, en légère progression par rapport à 2016, mais en recul depuis 2013 (550 000 tonnes).

Le recul du marché, une tendance de fond

Ce bilan plutôt morose fait dire à Jérôme Servières, président du Syndifrais, que « 190 millions de litre de lait n’ont pas été valorisés sur le marché français en cinq ans, ce qui correspond à la production d’environ deux usines en France ». Cette « tendance de fond », selon ses mots, s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs qui se sont manifestés aussi en 2017. Le coût du lait, mais aussi des coproduits utilisés par les industriels : la matière grasse (+45% en 2017), la vanille (x8 en 4 ans) et les œufs, les fruits et les emballages (carton et polystyrène). 

« Il faut aussi souligner le rôle des distributeurs qui augmentent leurs exigences sur le taux de service qui atteint déjà 98% dans notre secteur », explique Jérôme Servières. « Ce qui nous oblige à stocker davantage sous peine d’amende », poursuit-il. Selon lui, une augmentation de 0,5% du taux de service engendre un doublement des dégagements de produits, avec des conséquences en termes de gaspillage alimentaire et d’environnement (rotation de camions). 

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Autre cause identifiée par le secteur : les produits sont jugés « trop industriels » par les consommateurs. Une image négative que les professionnels entendent contrer avec des ouvertures de sites au grand public et la diffusion d’un premier film par le Syndifrais destiné aux réseaux sociaux. 

D’autres freins sont identifiés : « Les Français mangent moins de desserts, les fabriquent eux-mêmes, souffrent d’allergies, réelles ou imaginaires, et manifestent des préoccupation santé exacerbées », souligne de son côté Isabelle Vantard, vice-présidente fabricants d’Iri.

Petites marques, laits alternatifs et magasins de proximité

Toutefois, des pistes pourraient être exploitées pour améliorer les ventes. Certains produits ont le vent en poupe : les laits emprésurés (+8,6% en valeur), les desserts au lait de brebis (+18,2%) et les liégeois (+0,7%). Les produits biologiques progressent fortement : +15,5% en volume et +17,5% en valeur, mais restent encore une niche avec moins de 5% de parts de marché valeur.

Selon Isabelle Vantard, deux axes de progrès pourraient être travaillés par la profession : « La proximité qui est un moyen de toucher les jeunes consommateurs qui ont du mal à acheter des produits laitiers frais et de développer les petits formats adaptés à ce réseau de distribution », souligne-t-elle. Autre piste : les petites marques qui atteignent parfois des parts de marché importantes dans certains départements, à l’image des Frères Cazaubon dans les Hautes-Pyrénées. Les ventes des produits de petites marques ont augmenté en 2017 de 3,2% en volume et de 5,8% en valeur, et représentent désormais 10,1% de parts de marchés en valeur en grande distribution.