Lors d'une conférence de presse, le 19 octobre, l'Union nationale des apiculteurs de France (Unaf) a expliqué qu'il exige un étiquetage plus précis de l’origine des miels afin de lutter contre le développement de miels frelatés – notamment en utilisant le processus d’ultrafiltration – et importés. Elle s’est associée dans cette démarche à l’UFC-Que choisir. « La directive Miel en France n’est plus une garantie suffisante pour le consommateur aujourd’hui », a relevé Étienne Bruneau, administrateur délégué du Centre apicole de recherche et d’innovation. « Miel UE ou non UE, c’est insuffisant ! », s’est exclamé le 19 octobre Gilles Lanio, président de l’Unaf. Il veut voir afficher « Miel originaire de France » ou « Mélange de miels originaires de Chine, Argentine, Ukraine » sur les emballages.
Étienne Bruneau, administrateur délégué du Centre apicole de recherche et d’information (CARI), évoque aussi des miels frelatés avec des sirops de sucre à base de betterave, de riz ou de maïs. Sirops interdis sur le sol français mais qui foisonnent sur le marché du plus gros exportateur, la Chine. D’après lui, le nombre de ruche a progressé de 8 % de 2007 à 2014 dans le monde tandis que les exportations de miel ont progressé de 61 %. « Des chiffres qui interrogent », souligne-t-il. Impossible effectivement de produire autant de miel avec si peu de ruches. Selon lui, « seuls les gros conditionneurs peuvent se permettent de frelater le miel et de s’adapter aux contrôles mis en place par la France ». « Le coût de revient du kilo de miel français est de 4,50 € », relève Yves Delaunay, apiculteurs de près de mille ruches, en Corrèze. La Chine vend 1,20 €/kg à 1,30 €/kg et l’Argentine ou l’Ukraine autour de 1,50 €/kg, selon Étienne Bruneau. Des tarifs qui n’aident pas les apiculteurs français, comme le témoigne Yves Delaunay : « On est arrivé à un point de non-retour, l’apiculteur ne peut plus vivre de son métier ». Il évoque des journées de « quatorze heures de travail pour gagner à peine huit euros de l’heure ».
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« Un étiquetage Miel UE ou non UE, c’est insuffisant ! »