Crise de confiance dans l’Union, confirmée le 12 juin par le « non » irlandais au Traité de Lisbonne ; impact de plus en plus insupportable de l’envolée des prix du pétrole sur plusieurs secteurs d’activités et sur les plus démunis ; désastre alimentaire dans les pays en développement : c’est sur un avis de tempête que va débuter, le 1 er juillet, la présidence française de l’Union. Face à ces obstacles, ces défis, les dirigeants européens, qui se retrouvaient au plus haut niveau les 19 juin à Bruxelles, semblent en fait quelque peu désarmés. La réaction, ou plutôt la non-réaction de la Commission, son sens politique très émoussé face aux problèmes concrets des citoyens n’arrangent pas les choses. L’exécutif européen ne s’estime ni responsable, ni coupable, drapé dans sa toge de gardien des traités – rôle qui, il est vrai, n’est déjà pas toujours facile. Ainsi, sur le bilan de santé de la Pac et le coût de l’énergie, Mariann Fischer Boel se montre-t-elle intraitable, dans un entretien accordé à Agra. La commissaire à l’agriculture ne juge pas vraiment opportun, par ailleurs, de se lancer d’ores et déjà dans un débat sur l’après-2013, alors que c’est là un des objectifs du ministre français, Michel Barnier, pour la présidence de l’Union. Egalement interrogé par Agra, le président du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE, Jean-Michel Lemétayer, a donc beau jeu de dénoncer une politique européenne ni visible, ni comprise. Voulant y voir plus clair, il demande au chef de l’Etat français d’organiser une conférence au sommet pour définir les objectifs assignés à l’agriculture des Vingt-sept. Question aussi d’éviter que, en l’absence d’orientations politiques, la Pac soit passée par pertes et profits en 2010 lors du débat sur la réforme du budget européen.
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