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Légumes surgelés /Stratégie L’univers de plus en plus élaboré de Gélagri Bretagne

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Des mono-légumes, Gélagri en surgèle encore dans ses sachets d’un kilo, mais les produits élaborés progressent plus vite dans la gamme de celui qui se présente comme le numéro 2 français du secteur. Les dernières innovations de la filiale légumes surgelés de Coopagri Bretagne consacrent des recettes un brin sophistiquées qu’apprécient les ménagères. L’entreprise doit parallèlement moderniser ses outils et pour ce faire va fermer le site de Landerneau et faire monter en puissance les autres unités.

En l’espace de quelques années, la filiale spécialisée de Coopagri Bretagne (Landerneau, Finistère) s’est constitué un univers large à plus d’un titre. Du côté des recettes d’abord, du sachet de haricots surgelés jusqu’aux « cuisinés », tels le riz cantonnais, les crumbles aux légumes du soleil, etc. Et par l’emploi d’une multitude de conditionnements qui vont du bol à la barquette en passant par les sachets.

Chez Gélagri, les recettes se retrouvent désormais classées selon l’usage : en sachets portionnables, gratins pré-gratinés en barquettes micro ondables, gamme « vapeur ». Aux côtés des poêlées, cœur de métier de la société, ces produits cuisinés représentent en volume 15 % du tonnage annuel (près de 90 000 tonnes en 2005). Mais déjà le quart de son chiffre d’affaires (87 millions d’euros dont 20 % à l’exportation avec 490 salariés).

Un choix osé, mais judicieux

Vu la progression de ce segment -de 2 à 5 % par an, selon les années-, ces produits aussi appelés « convenience » devraient à moyen terme figurer plus haut dans les ventes de Gélagri Bretagne. Gélagri Bretagne a pris ce chemin à la fin des années 1990. Parfois avec difficultés car à l’époque, Gélagri, filiale du groupe coopératif Coopagri Bretagne était considéré comme capable de surgeler des légumes, mais guère plus.

A l’époque, l’opérateur finistérien va se faire le partenaire des enseignes de la GMS grâce à sa filière intégrée dès l’amont, avec ses 800 légumiers adhérents qui exploitent 11 000 hectares entre Bretagne et Pays de la Loire. Il invente des poêlées mêlant légumes, viandes et épices, puis des préparations de légumes enrobés de sauce.

« C’est l’enrobage qui nous a fait passer du légume traditionnel au légume élaboré », explique Frédéric Soudon, président de Gélagri Bretagne. A partir des années 2001-2002, la société finistérienne ajoute à son industrie des produits élaborés individuels. « Nous avons envisagé de réaliser une opération de croissance externe pour ce métier, nous avons préféré développer notre process », ajoute Fr. Soudon.

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A l’époque, Gélagri Bretagne répartit son activité dans trois usines : le site d’origine, Landerneau, Loudéac et Saint-Caradec (Côtes d’Armor). C’est dans ce dernier site que Gélagri Bretagne engage 1,5 million d’euros il y a trois ans pour accueillir son process de légumes élaborés, souple et réactif car ce métier est fait surtout de petites et moyennes séries. Parallèlement il muscle son service de R & D, notamment en compétences culinaires.

Un aiguillon du marché des MDD

La marque maison « Paysan Breton » est « utilisée pour tester et valider des innovations », explique Régis Pénarun, responsable marketing et commercial. C’est sous cette marque que les premiers légumes surgelés cuits vapeur d’Europe ont été lancés en 1995, dit-il.

Disposer d’une marque tout en travaillant majoritairement avec les MDD, c’est réellement une force. « Nous sommes comme un aiguillon sur le marché», résume Régis Pénarun. Si Gélagri Bretagne a vendu en 2006 4 à 5 % de volumes de plus que l’année précédente, les ventes sont restées étales.

Il faut donc gagner en compétitivité. Gélagri Bretagne met actuellement la dernière main à la fermeture de son plus vieux site de production, Landerneau, dont les volumes seront transférés vers Saint-Caradec, pour un coût total de 3,4 M EUR entre 2006 et 2007.

Au printemps prochain, Gélagri Bretagne s’appuiera sur deux sites industriels en France : Loudéac (45 000 tonnes) et Saint-Caradec (40 000 tonnes), et une usine en Espagne construite cette année pour un objectif de 10 000 tonnes de produits méditerranéens –7,5 M EUR investis avec un opérateur local. En phase de croissance et de conquête de parts de marché, Gélagri Bretagne ne donne aucun élément sur le nombre de ses références.