Le congrès de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), qui s’est tenu le 12 février à Lille, a été l’occasion pour l’organisation de réaffirmer sa demande de bénéficier des DPU sur les hectares de pommes de terre.
L’UNPT veut rapidement en finir avec le risque de distorsions de concurrence que pourrait entraîner, à compter de 2010, l’attribution de DPU (droits à paiement unique des primes Pac) à certains producteurs et pas à d’autres. Elle a réaffirmé, lors de son congrès tenu à Lille le 12 février, sa demande que tous les planteurs puissent bénéficier des DPU en 2010.
À cette date en effet, le principe d’exclusion, qui rend impossible la production de pommes de terre (et fruits et légumes) sur des hectares primés en DPU, disparaîtra. Il existe donc un risque de concurrence déloyale à l’encontre des producteurs « historiques », qui n’ont jamais bénéficié de DPU, et en faveur des « nouveaux producteurs », qui en reçoivent en tant que céréaliers ou producteurs de lait.
« Vous savez que ce sujet nous tient à cœur », a lancé Patrick Trillon, président de l’UNPT, lors de son discours de clôture du congrès, à Michel Stoumboff, conseiller technique du ministre de l’Agriculture chargé des filières végétales et du suivi de la Pac. Il s’agit d’attribuer des DPU à l’ensemble des hectares de pommes de terre de consommation (hors fécule), aujourd’hui non pourvus. « Cette harmonisation nous permettra de repartir sur de bons rails », a-t-il précisé.
À l’export comme sur le marché intérieur, revaloriser le produit
Ce congrès de l’UNPT avait pour thème « Rester leader dans les dix ans à venir ». La filière française a su gagner une place de leader, comme premier exportateur européen. « Notre place, nous l’avons gagnée par la qualité ». La France a réussi jusqu’en 2007 à exporter à un prix globalement supérieur aux prix pratiqués par ses compétiteurs. Depuis, le nivellement des prix sur la moyenne des autres exporteurs tend à s’imposer. Pour Patrick Trillon, les producteurs devront, « plus encore qu’aujourd’hui », être des spécialistes d’un segment de production : chaque pomme de terre sera produite pour un marché spécifique, « dans le cadre d’une vraie filière ». Pour être performant, « la productivité restera essentielle, mais le service rendu prendra encore plus d’importance », a-t-il résumé.
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Sur le marché intérieur, l’UNPT dénonce la dévalorisation du produit par des prix de promotion en magasins, en dehors de tout repère. En 2008, le kilo de pomme de terre s’est vendu en moyenne 63 centimes, en baisse de plus de 10% par rapport à l’année précédente, alors que tous les produits agricoles flambaient, y compris les pâtes.
Des promotions pour animer le marché, oui, mais pas à n’importe quel prix (comme par exemple 20 centimes le kilo). « Nous devons revoir la stratégie interprofessionnelle de mise en avant » du produit pour en assurer une meilleure « lisibilité », a conclut Patrick Trillon.
Bioplastiques : vers des conventions entre professionnels, plasturgistes et distributeurs
S’agissant de la pomme de terre de fécule, Michel Stoumboff a indiqué qu’après l’échec du projet d’écotaxe sur les sacs plastiques (pour donner une attractivité accrue aux sacs en bioplastique) dans les magasins, le gouvernement poursuit toujours le même objectif, mais en mettant en œuvre des moyens « moins coercitifs ». Sans plus de précision, il a évoqué une démarche des professionnels de la plasturgie et des bioplastiques avec les distribeurs. Cette démarche va dans le sens de conventions ou de chartes visant à encourager le développement des sacs en bioplastique. « Le ministère de l’Agriculture soutiendra ces initiatives », a-t-il annoncé.