Abonné

Produits laitiers/Acquisition L’URCVL déleste Bongrain de la Fromagerie du Velay

- - 4 min

Basée à Lyon, l’Union régionale des coopératives de vente de lait (URCVL) va reprendre, via une joint-venture où elle sera majoritaire, la Fromagerie du Velay au groupe Bongrain. Face à la conjoncture difficile du secteur laitier, cette coopérative tente de diversifier son activité pour pérenniser des débouchés aux 270 millions de litres de lait qu’elle collecte. Avec la reprise de cet outil d’une capacité de 6 000 tonnes, l’URCVL, qui prévoit 100 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2006, entend doubler son activité de transformation, qui atteint pour l’instant les 15 millions d’euros de chiffre d’affaires.

En mal de débouchés, l’Union régionale des coopératives de vente de lait (URCVL) est en passe de reprendre la Fromagerie du Velay au groupe Bongrain. Durant l’été, la coopérative et le groupe fromager vont créer une joint-venture pour accueillir cet outil qui transforme 65 millions de litres de lait et emploie 120 personnes. Cette nouvelle entité, où Bongrain sera « actionnaire minoritaire » comme le précise un communiqué, pourrait être détenue à 80 % par l’URCVL.

« Pérenniser les débouchés »

« Il s’agit pour nous d’engager un peu plus un pied vers l’aval», indique Laurent Barthez, directeur général de l’URCVL. Cette coopérative basée à Lyon collecte 270 millions de litres de lait auprès de 1 700 adhérents répartis en Rhône-Alpes, dans la Haute-Loire et dans l’Allier, et exporte environ 15 % de ses litrages essentiellement vers l’Italie. « Compte tenu de la situation du secteur laitier», rappelle le dirigeant, l’URCVL ne concentre plus son activité sur son métier de base, la collecte et la vente de lait, « mais procède à peu près depuis deux ans à l’acquisition de petites fromageries » pour se diversifier vers la transformation. Dans une conjoncture difficile, marquée par la disparition des restitutions à l’exportation, « beaucoup d’industriels se reportent sur nous dans la gestion de leurs excédents» poursuit Laurent Barthez. En conséquence, « diversifier nos portefeuilles est un moyen de pérenniser nos débouchés», explique-t-il.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Un site en pertes ?

Alors qu’elle prévoit un chiffre d’affaires de l’ordre de 100 millions d’euros pour 2006, l’URCVL ne réalise que 15 millions d’euros de facturations dans la transformation de produits laitiers. « Un chiffre qui devrait doubler cette année », pronostique Laurent Barthez. Basée à Saint Germain Laprade, en Haute-Loire, la Fromagerie du Velay produit 4 000 tonnes de fromages à pâte pressée pour le compte des Fromageries Perreault, (filiale du groupe Bongrain) et réaliserait autour de 20 millions d’euros de chiffres d’affaires. Site industriel récent, bâti peu avant 2000, cette fromagerie serait « un bel outil qui perd de l’argent, car excédentaire en lait et non-rentable » pour Bongrain, selon des observateurs du secteur laitier. « On ne sait plus comment rentabiliser le lait : Bongrain, une référence en terme de qualité/rentabilité, n’a pas réussi dans cette usine à faire des bons produits rentables », précise une de ces sources.

Atteindre les 6 000 tonnes

Pour sa part, l’URCVL, qui « n ’est pas jusqu’à présent fournisseur en lait de la fromagerie du Velay mais utilise le site comme centre de collecte », selon Laurent Barthez, entend y fabriquer et commercialiser « de nouveaux produits ». Une production de fromages à pâte pressée sera évidemment maintenue, notamment pour fournir les Fromageries Perreault. « Bongrain n’était satisfait ni des résultats ni de l’activité du site, concède le dirigeant. Mais nos objectifs sont différents !». En premier lieu, l’URCVL s’efforcera de pousser la production de cette fromagerie au maximum de sa capacité, soit 6 000 tonnes.