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Riz/Plan social Lustucru Arles : la fin d’un rêve

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Après avoir appelé les pouvoirs publics et le groupe Panzani à contribuer à leur projet de SCOP, les salariés de l’usine Lustucru d’Arles ont finalement reçu avec amertume le verdict rendu par le préfet de la région PACA à la suite d’une table ronde entre les syndicats et les collectivités locales. Moins de la moitié des 28 millions d’euros qu’aurait nécessité le plan ayant été réunis, Christian Frémont a jugé que le projet n’était pas viable. De son côté, la CGT revendique toujours les 11,7 millions d’euros d’indemnités d’assurance versés à Panzani après les inondations de décembre 2003.

Les salariés et les syndicats auront tout essayé. En vain ? En mars 2004, Panzani avait annoncé que l’usine Lustucru-riz d’Arles, touchée par les inondations de décembre 2003, ne rouvrirait pas ses portes. Depuis, les salariés avaient proposé de bâtir un projet de Société coopérative ouvrière de production (Scop), destiné à sauver 90 des 146 emplois de l’usine, en invitant les pouvoirs publics et Panzani à y contribuer. Certains d’entre eux ont ainsi occupé le 26 janvier une usine de Panzani à Marseille, afin d’obtenir la présence de la direction du groupe à la table ronde réunissant cette semaine syndicats et collectivités locales et dont il avait prévenu qu’elle serait décisive.

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Un projet considéré comme non viable

Mais le préfet de la région Paca, Christian Frémont, a finalement estimé qu’aucune condition n’était réunie pour la viabilité économique du projet de reprise de l’usine par ses salariés. « Le temps du rêve » d’une SCOP « est terminé », a-t-il ainsi déclaré après la table ronde. Selon le préfet, aucune garantie n’existe concernant l’approvisionnement en riz de la coopérative, les machines et les brevets que Panzani refuse de céder et les débouchés ou le financement de la Scop. En effet, sur les quelque 28 millions d’euros qu’aurait coûté le projet de reprise, d’après le préfet, un peu moins de 14 millions d’euros seulement ont été réunis, dont une part importante d’aides publiques (3,8 millions d’euros de l’Etat, 3,2 millions d’euros par les conseils régional et général), au-delà de la limite autorisée par Bruxelles. Ces aides pourraient désormais être consacrées aux diverses structures d’accompagnement des salariés.

La CGT réclame toujours les 11,7 millions d’euros d’indemnités

Car les 115 salariés qui n’ont pas retrouvé d’emploi depuis sont invités à prendre contact avec la cellule de reclassement installée par Panzani dans le cadre du plan social. A ce propos, le préfet a ajouté qu’il s’agissait également de « mener durement les négociations de fin de conflit » avec Panzani en vue d’obtenir préretraites ou indemnités de départ et d’élaborer d’ici le 10 mars un « plan de revitalisation du territoire ». Mais la CGT a rapidement claqué la porte de la réunion, à laquelle ne participait pas Panzani, dénonçant « un génocide de l’emploi ». Le syndicat a également réitéré que le projet de SCOP était viable selon lui, réclamant 11,7 millions d’euros d’indemnités que Panzani aurait touchées au titre des dommages matériels consécutifs aux inondations. De son côté, le groupe avait affirmé avoir déjà injecté ces fonds dans le plan de sauvegarde de l’emploi. Si les salariés semblent plus que jamais déterminés, il semble malgré tout que les réalités économiques soient plus fortes que le rêve.