Abonné
Un nouveau projet d’arrêté relatif au contrôle des populations de campagnols sera prochainement soumis à la consultation du public et des parties prenantes, a annoncé le 23 août le ministère de l’Agriculture. Il devrait limiter la possibilité d’intervention contre les campagnols.
L’issue de cette consultation publique semble cependant déjà arrêtée. Le ministère de l’Agriculture prévient en effet, dans une réponse écrite au sénateur socialiste, Jacques-Bernard Magner, que les premières consultations – des ministères concernés, de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, du Conseil national de la protection de la nature, du Conseil national de la chasse et de la faune notamment – ont abouti à la proposition d’un seuil de 33 % de pullulation pour autoriser l’utilisation de l’anticoagulant, la bromadiolone (sauf dans les cas de mise en place de contrats de lutte pour lesquels le seuil pourrait être relevé à 50 %). Le ministère insiste sur le fait que la bromadiolone, seule molécule chimique disponible aujourd’hui, doit être utilisée à basse densité de campagnols uniquement, sous peine d’entraîner un risque d’effets non intentionnels importants, notamment la mortalité des espèces prédatrices du rongeur. Le seuil actuellement en vigueur est de 50% de pullulation.
Les professionnels s’opposent au seuil de 33%
Sa révision à 33% n’obtient pas l’adhésion « de nombreuses organisations agricoles », rappelle de son côté le sénateur Jacques-Bernard Magner. Selon elles, rapporte-t-il, ce choix qui remet en cause le principe de lutte raisonnée, « entraînerait des pertes considérables pour le secteur de l’élevage et démotiverait considérablement les agriculteurs ».
Selon le Centre d’études et de prospective du ministère, les études scientifiques disponibles montrent que les pullulations de campagnols sont accentuées du fait de l’évolution de certaines zones de montagne vers la monoculture d’herbe (aggravation forte du risque à partir de 70 % à 80 % de surface toujours en herbe) et de la simplification des paysages qui en a résulté, facilitant leur circulation (réduction des haies, des bosquets et des surfaces labourées qui a pu être aggravée par les conditions initiales d’attribution des premières primes herbagères moins exigeantes en matière de biodiversité et de maintien d’éléments fixes paysagers).