Le marché de la luzerne déshydratée vit une embellie : après le pic de la crise laitière durant l’été 2016, des facteurs de soutien de la demande apparaissent, a indiqué le 2 février Désialis, le principal opérateur français de commercialisation de la luzerne déshydratée. Il cite la reprise des cours du lait, des ingrédients laitiers et de l’engraissement des broutards ainsi que des matières premières protéiques dans le sillage du tourteau de soja.
L’opérateur souhaite « une amélioration des rendements en 2017 pour approvisionner le marché ». Un pari qui semble réaliste, compte tenu du fait que la météo 2016 a été exceptionnellement défavorable à toutes les grandes cultures, mais toutefois de façon atténuée pour la luzerne, avec un tassement des rendements de 5 %. Les rendements de céréales ont chuté de 30 à 40 %, a souligné Coop de France Déshydratation, la division de Coop de France pour la déshydratation de la luzerne. « La luzerne confirme ainsi son rôle stabilisateur de revenus dans les assolements de grandes cultures », a poursuivi Éric Masset, président de la division.
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La profession compte sur l’augmentation des surfaces de luzerne destinée à la déshydratation, qui est de 1 à 3 % par an depuis trois ans, pour approvisionner une demande en progression, tant sur le marché intérieur pour l’élevage laitier, avec une progression pour l’aliment équin, qu’à l’export vers l’Afrique du Nord et l’Arabie Saoudite. La luzerne déshydratée s’exporte en containers au Japon et parfois en Chine, ajoutait Serge Faller, directeur général de Désialis.
À Coop de France Déshydratation, les professionnels du secteur s’inquiètent, tout comme les sucriers, de la version 2020 des marchés de CO2. En effet, les industries fortement émettrices de CO2, comme les sidérurgistes, les pétroliers, les verriers, les cimentiers, militent pour un système plus protecteur pour eux, expliquant que les coûts de l’achat de quotas de CO2 les pénalisent et conduisent à des délocalisations. Du coup, les autres secteurs de l’industrie, comme les sucriers et les déshydrateurs, redoutent d’en faire les frais et de payer leurs tonnes de CO2 dès la première tonne émise, et non plus à partir du dépassement de leurs quotas.