Les déshydrateurs de luzerne estiment pouvoir réduire encore de moitié les émissions de CO2 fossile de leurs usines d’ici à 2025, a indiqué Luzerne de France, division de La Coopération agricole, lors de sa conférence de presse annuelle, le 18 janvier. Évaluées à 131 000 tonnes en 2020, ces émissions devraient tomber à 64 000 en 2025. La chute devrait se poursuivre, avec des émissions de 50 000 tonnes de CO2 d’origine fossile en 2030, d’après les projections de la filière. Elles s’élevaient à près de 500 000 tonnes en 2008.
Le secteur a, depuis, développé des programmes de réduction de consommation de combustibles fossiles, charbon principalement, grâce au développement du préfanage au champ pour faire perdre de l’humidité à la luzerne coupée. Il a bénéficié de 2008 à 2012, de crédits de carbone pour financer ces investissements. Ainsi, le taux de matière sèche entrant en usine de déshydratation est passé de 22 % en 2001 à 42 % en 2020, selon Luzerne de France.
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Actuellement, la filière recourt aux énergies alternatives (plaquettes forestières, miscanthus, vapeur d’incinérateur comme à Châlons en Champagne) à hauteur de 40 %. « Nous comptons passer à 70 % en 2025, en massifiant la substitution du charbon par des approvisionnements de biomasse contractualisés », a précisé Yann Martinet, directeur de la Coopération agricole luzerne de France. La profession a pour cela passé fin 2020 un accord avec l’État, qui s’engage à compenser les déshydrateurs si le prix de la biomasse est supérieur à celui des énergies fossiles, a précisé Yann Martinet.
Par ailleurs, les stocks de luzerne déshydratée étant au plus bas, après la récolte historiquement basse de 2020, la filière mise sur le plan protéines pour élargir ses surfaces de cultures, a souligné Éric Masset, président de Luzerne de France.