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Champagne et spiritueux/Résultats LVMH a réussi à préserver son résultat en vins et spiritueux

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Malgré une poursuite de ses résultats record, le groupe LVMH affecte la plus grande prudence sur l’avenir, en particulier après avoir enregistré les premiers signes de faiblesse de ses ventes de champagne (-4 % en organique), secteur dans lequel il entame une réorganisation dont s’inquiètent les salariés.

Le leader mondial du luxe LVMH joue de la prudence et ne fait plus de pronostic sur son exercice à venir. En 2008, toutefois, le groupe de Bernard Arnault a réussi à dégager un nouveau bénéfice record de 2,026 milliards d’euros. Mais ce chiffre signifie une quasi stagnation puisqu’il avait déjà été de 2,025 milliards en 2007. Le chiffre d’affaires a, quant à lui, progressé de 4% à 17,19 milliards d’euros, soit un taux de croissance deux fois inférieur à celui enregistré en 2007, en raison d’un net ralentissement des divisions vins/spiritueux et montres/joaillerie.

La division vins et spiritueux n’a pas plus été épargnée par la crise que le reste du groupe. Ses ventes ont baissé de 3 % pour s’établir à 3,126 milliards d’euros. Une évolution liée aux ventes de champagne, qui ont baissé de 4% sur l’ensemble de l’année en organique. En dépit de ce recul, la division a « une bonne performance » estime la direction qui souligne que la croissance organique des ventes a été de 1 % et que le résultat opérationnel courant s’est maintenu (+0,2 %) à 1060 M EUR. Des croissances élevées ont été enregistrées dans les pays émergents (Chine, Russie, Moyen-Orient), les tendances ont été globalement positives en Europe mais la demande a été moins dynamique aux Etats-Unis et au Japon. Et l’année a été marquée par l’acquisition de la société viticole espagnole Numanthia Thermes et de la maison de champagne Montaudon permettant au groupe de renforcer son approvisionnement. Au total, « ce groupe d’activités a été capable de protéger son résultat dans un contexte annuel adverse au niveau des ventes », s’est félicité Jean-Jacques Guiony, le directeur financier. En effet, au niveau de l’ensemble de la région d’appellation Champagne, les ventes ont connu une baisse de 4,8% en 2008, notamment sur les marchés européens et américains.

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Regroupement dans Moët Hennessy Champagne Services

Dans ce contexte, un projet de réorganisation des entreprises champenoises du groupe LVMH suscite l’inquiétude chez les salariés. Présenté le 30 janvier dernier, le plan « Ambition 2013 » prévoit de regrouper les sociétés Moët & Chandon, Mercier, Ruinart et Veuve Cliquot au sein d’une même entité, qui prendrait le nom de Moët-Hennessy Champagne Services. Un changement qui vise à une simplification juridique, selon la direction, mais qui inquiète cependant les 1 700 salariés des différentes entités, qui craignent que cette réorganisation n’entraîne une remise en question de certains acquis sociaux. « Tous les contrats de travail vont être remis à plat ainsi que tous les accords d’entreprise et les usages », s’inquiète Patrick Leroy, délégué syndical CGT de la maison Veuve-Clicquot et secrétaire général du syndicat CGT champagne. Les salariés redoutent également la dilution de l’identité de chaque maison au sein de la nouvelle structure.

Des craintes que la direction a tenté d’apaiser : « On ne touchera à rien. Nous nous engageons à retranscrire à l’identique les avantages sociaux comme les anciens acquis des différentes entreprises dans le cadre de la nouvelle entité », déclare Frédéric Cuménal, président de Moët & Chandon. « On garde notre identité », ajoute Cécile Bonnefond, présidente de Veuve-Cliquot.