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Vins et spiritueux/Résultats LVMH surperforme avec ses champagnes

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Le p.-d.g. de LVMH Bernard Arnault s’est félicité de l’excellente année réalisée par le numéro un du luxe dans le champagne en 2010 mais a souligné que son groupe faisait face à un problème de production et craignait de se retrouver « un peu à court de bouteilles ». Sur le rachat éventuel des marques Piper Heidsieck et Charles Heidsieck mises en vente par Rémy Cointreau, il n’a exprimé qu’un intérêt tout relatif.

L’activité Vins et Spiritueux du groupe LVMH a réalisé en 2010 une croissance de 19 % de ses ventes, les portant à 3,2 milliards d’euros, et de 22 % de son résultat opérationnel courant (930 M EUR contre 760 M en 2009). Ce groupe d’activités bénéficie pleinement de la reprise de la demande et du maintien de son positionnement dans le contexte difficile de l’année 2009. Toutes les marques de cham-pagne connaissent un fort rebond avec une progression particulièrement significative pour les cuvées de prestige, notamment Dom Pérignon et Krug. Du côté des spiritueux, le cognac Hennessy, qui avait fait preuve d’une grande résistance pendant la période de crise, continue de réaliser d’excellentes performances. Soutenues par l’essor rapide des marchés émergents, les qualités supérieures sont en forte hausse, précise le groupe. Cela étant, le 4e trimestre a quand même été marqué par un ralentissement des ventes de la branche vins et spiritueux qu’il explique par sa volonté de restreindre le niveau des stocks de ses distributeurs aux Etats-Unis, en particulier pour le cognac ; de même, la marge opérationnelle a été décevante, à cause de fortes dépenses marketing et communication sur le second semestre. Le groupe se montre néanmoins optimiste pour 2011 car il pense en avoir suffisamment sous le pied pour augmenter ses prix après deux années de stabilité, ce qui lui redonnerait un effet de levier sur la rentabilité opérationnelle.
Lors de la présentation des résultats annuels, Bernard Arnault, le patron de LVMH, est revenu sur la situation en Champagne et a expliqué être à la « recherche de terrains à acheter » et disposé à étudier « toutes les possibilités pour augmenter les capacités de production ».
Le groupe LVMH compte de nombreuses marques de champagne comme Moët et Chandon, Dom Pérignon, Ruinart, Veuve Clicquot, Mercier et Krug. Cette branche d’activité a réalisé d’excellentes performances au sein du groupe. Bernard Arnault les a attribué notamment au lancement de plusieurs millésimes chez Dom Pérignon, « le champagne de Louis XIV, ce qui illustre que ce sont les champagnes, les vins ou alcools de plus haute qualité qui ont connu le plus grand développement et le plus de demande sur le marché ». « En 2009, on disait partout que c’était la crise dans le champagne. Nous avons continué à acheter. On aurait dû faire plus. Mais on n’a pas produit suffisamment et aujourd’hui, avec la reprise du champagne, on est un peu à court de bouteilles », a déclaré le p.-d.g.
Selon les professionnels du champagne, les 33 300 hectares actuels de l’appellation champagne ne peuvent produire dans le meilleur des cas qu’environ 400 millions de bouteilles. Or, selon le Comité interprofessionnel des vins de champagne, la demande pourrait facilement dépasser à terme les 500 millions d’unités, en raison de la demande internationale.

« Intéressé, mais pas plus » par les champagnes de Rémy Cointreau
A propos de la mise en vente de ses champagnes annoncée mi-novembre par le groupe Rémy Cointreau, Bernard Arnault a confirmé « s’y être intéressé, mais pas plus que cela ». LVMH, qui commercialise à lui seul 20% de la production de champagne, aurait remis en janvier une première offre, délibérément très basse : le géant du luxe aurait proposé 300 millions d’euros pour Charles Heidsieck et Piper Heidsieck, tout en sachant qu’une offre à moins de 400 millions n’avait aucune chance d’aboutir. Rémy Cointreau a opté pour la cession de cette activité plombée par la crise et que le groupe a récemment restructurée parce que ses ventes sont tombées à 97 millions d’euros sur l’exercice clos en mars 2010 contre 143 M deux ans plus tôt, avant la crise. En se séparant de son outil de production, des contrats d’approvisionnement et de ses marques de champagne, l’objectif du groupe est d’accélérer sa croissance dans les produits de haut et très haut de gamme, jugés plus rentables. Les analystes valorisent cette branche de Rémy Cointreau entre 275 et 450 millions d’euros.

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