Les États membres de l’UE ont adopté, le 12 juin, leur position sur le paquet d’adaptation du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) qu’avait mis sur la table la Commission européenne au mois de décembre. Les Vingt-sept ont validé la proposition de Bruxelles d’introduire une disposition pour protéger le secteur agricole vis-à-vis des prix des engrais. Dans le cadre de l’article 27a, un mécanisme de sauvegarde est prévu « en cas de circonstances graves et imprévues susceptibles de porter gravement atteinte au marché intérieur en perturbant les chaînes d’approvisionnement ou en faussant la formation des prix ». Il est prévu la possibilité de mettre en place une exemption temporaire du MACF durant une année civile complète en cas d'augmentation de plus de 50 % par rapport au prix moyen à l’importation du même bien au cours des dix années précédentes. De plus, pour être considérée comme durable, une hausse de prix doit être observée pendant une période d’au moins six mois. Seulement, déplorent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) « en pratique, un tel seuil rend le déclenchement du mécanisme extrêmement improbable ». Certains États membres comme la Slovaquie, l’Estonie ou la Roumanie ont plaidé, en vain, lors des discussions pour abaisser ce seuil de déclenchement à 20 % de hausse.
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Le déclenchement de ce mécanisme est pourtant demandé depuis le début de l’année par les agriculteurs européens. La France a aussi, un temps, poussé pour sa mise en œuvre de manière rétroactive au 1er janvier 2026. Mais la Commission européenne a, pour l’instant, exclu toute suspension du MACF comme elle l’a répété dans le cadre de son récent plan d’action sur les engrais.
De son côté, le Parlement européen doit encore adopter sa position sur ce dossier avant que des négociations en trilogue puissent débuter en vue de parvenir à un accord avant la fin de l’année.