La prévision de croissance se confirme au second semestre dans la distribution de machines agricoles, a indiqué le 13 décembre son syndicat, le Sedima. Des tensions se manifestent en termes d’emploi.
Au second semestre 2018, la croissance des ventes aurait été supérieure à 2 % par rapport à l’année précédente, pour les prises de commandes de matériels neufs et d’occasion, l’activité au magasin et à l’atelier, d’après les chiffres du Sedima. Cette meilleure orientation profite à la majeure partie des secteurs agricoles. En termes de commandes dans le neuf (+2,5 % à +3,5 % au second semestre), la situation est particulièrement favorable en viti-viniculture, où 65 % des concessionnaires annoncent une hausse. Elle semble « plus compliquée » en grandes cultures, même si les voyants sont majoritairement au vert. S’agissant des commandes d’occasion (+2,5 % à +3,5 % au second semestre), tous les secteurs agricoles affichent aussi une croissance.
La bonne tenue de l’activité des distributeurs intervient dans un contexte de relative stabilité des immatriculations par rapport à 2017. La différence de dynamique entre les immatriculations et les commandes peut s’expliquer par une récente évolution réglementaire. Fin 2017, les distributeurs ont accéléré les immatriculations – et pas forcément les ventes – en vue de faire échapper certains véhicules à la réglementation européenne sur la sécurité (mother regulation), qui s’applique aux véhicules immatriculés après le 1er janvier 2018. Comparativement aux sommets de 2014, les immatriculations de tracteurs standards perdent 19,6 % en quatre ans.
Le moral des concessionnaires s’en ressent, avec un indice de confiance qui progresse. Pour 37 % d’entre eux, il est bon (contre 22 % l’an dernier), 57 % le jugeant moyen. Cela masque toutefois des disparités : 50 % se disent plutôt optimistes dans le secteur viti-viniculture, mais seulement 30 % le sont en grandes cultures.
Le recrutement en tête des préoccupations
La plus grande préoccupation des distributeurs en machinisme agricole tient au recrutement et à la motivation des salariés (29 % en 2018 contre 21 % en 2017). Une tendance liée à l’évolution des technologies dans le secteur, qui impose aux salariés des concessionnaires d’être de plus en plus pointus et disponibles. « Nos clients (les agriculteurs et entrepreneurs de travaux agricoles, NDLR) sont de plus en plus demandeurs de services, constate Pierre Prim, le président du Sedima. Cela concerne à la fois des opérations mécaniques pour lesquelles les agriculteurs n’ont plus de temps à consacrer, la formation des chauffeurs concernant des matériels plus complexes, les nouvelles technologies utilisées en agriculture de précision. Face à cela, de nouvelles compétences sont nécessaires dans nos entreprises. »
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Le Sedima estime les besoins en recrutement à 9 580 postes dans les cinq années à venir. Sur le seul machinisme agricole, 8 870 emplois seront à pourvoir en concession, dont 5 650 en atelier, 1 600 pour les magasins de pièces et 1 620 pour la partie commerciale. Les besoins semblent équilibrés entre des profils débutants et confirmés. « Vu les difficultés pour recruter du personnel qualifié, les concessionnaires sont prêts à donner leur chance aux débutants », insiste Anne Fradier, la secrétaire générale du Sedima.
Une hausse des commandes entre 2,5 % et 3,5 %
Des prix devenus « insupportables »
Le Sedima, syndicat des concessionnaires, s’est inquiété le 13 décembre d’une flambée des prix du matériel agricole, que les clients « n’arrivent plus à suivre ». « Cette folie inflationniste devient insupportable », a déclaré le président Pierre Prim. 2,7 % de hausses tarifaires sont annoncées pour le second semestre 2018 et janvier 2019 sur l’ensemble des matériels, d’après ses chiffres. Les prix des tracteurs grimpent de 4,5 % lors des dix premiers mois de l’année et « certaines marques frôlent 5 % d’augmentation sur certains matériels ». « Il faut inverser la tendance », considère Pierre Prim, bien décidé à mettre le sujet « au cœur des discussions avec les constructeurs l’an prochain ». Les distributeurs tirent le signal d’alarme, n’étant pas capables de justifier ces hausses auprès des agriculteurs. « La limite acceptable pour le client est dépassée », souligne-t-il, pointant un décalage avec l’indice des prix à la consommation. « Avant, des explications pouvaient être données comme le renforcement des normes moteur ou de la réglementation européenne. Là, ça ne tient plus. Les prix de l’acier ont sûrement évolué, mais peut-être pas dans de telles proportions. Quant au pétrole ou composés électroniques, ils n’ont pas forcément augmenté. »