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Charcuterie / Restructuration Madrange continue à supprimer des postes

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Rien ne va plus chez Madrange. De source syndicale, la direction aurait annoncé aux salariés le 7 octobre dernier que 350 postes seraient désormais menacés. Les syndicats, qui devraient saisir le tribunal de grande instance de Limoges dans les prochains jours, s’étonnent de « l’acharnement » de la direction à l’encontre des usines de Madrange SAS, alors que les autres sites du groupe (Géo et Maison du Jambon) ne sont pour le moment pas du tout concernés par les restructurations.

Trois cent cinquante. C’est le nombre de postes qui devraient être supprimés par Madrange selon les syndicats. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter (1), et qui inquiète de plus en plus les salariés et les syndicats. « Tout cela risque de finir au tribunal de commerce », déplore Bruno Lafarge, délégué syndical central FGA-CFDT. « La direction n’investit plus ni en communication ni dans les outils industriels. Nous ne pouvons donc pas rivaliser avec nos concurrents », poursuit-il. Résultat : le groupe entier perd de l’argent (la holding Latronche Madrangeas) mais seul Madrange SAS est concerné par le plan social, soit les usines de Feytiat et La Valoine (Haute-Vienne). La filiale Géo, dont les usines sont à Ablis dans les Yvelines et à Morlaix dans le Finistère, n’est pour le moment pas inquiétée, tout comme Maison du Jambon, basée à Bon-en-Chablais (Haute-Savoie) et à Albi (Tarn).

Saisir le tribunal de grande instance
Le 7 octobre, lors de la troisième réunion du CCE concernant le plan de sauvegarde de l’emploi, la direction de Madrange a annoncé la suppression des 150 postes de nuit, car elle considère que le trois-huit n’est plus nécessaire. « Au total 350 postes sont supprimés, et le plan de sauvegarde de l’emploi ne propose des reclassements que pour 200 personnes », regrette Bruno Lafarge, avant d’ajouter : « Et 90 % des propositions de reclassement sont à des salaires plus bas ». La direction conteste ses chiffres en précisant que seulement 135 postes sont supprimés, pour lesquels 190 propositions de reclassement sont prévues. Les postes de nuit seraient intégralement transformés en postes de jour et le reste des suppressions de postes se feraient uniquement par des départs volontaires et la suppression de postes intérimaires. Quoi qu’il en soit, le CCE a voté une résolution visant à saisir le tribunal de grande instance de Limoges, qui dira si le plan de sauvegarde de l’emploi de Madrange est valable.

Rancœur
Selon Bruno Lafarge, les salariés ont une vraie rancœur à l’encontre de la direction du groupe. « C’est un beau gâchis. La situation actuelle de Madrange est due aux mauvais choix de la direction. Et son acharnement contre Madrange SAS est à mon avis un règlement de compte de Jean Madrangeas contre ceux qui avaient mené à son éviction il y a quelques années », conclut-il. Jean Madrangeas avait dirigé Madrange pendant 17 ans, avant de se faire évincer de la direction en 2007. Mais depuis avril dernier, il est président du conseil de surveillance du groupe. Il a nommé Franck Rouard (qui a été notamment directeur général de Nutrimer et président du directoire d’Alpina) au poste de directeur général.

(1) Cf Agra alimentation du jeudi 4 juin 2009 n°2068 p 26

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