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Betteraves Maintenir la compétitivité en sucre et en éthanol

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Entre la mise en place de la réforme de l’OCM sucre et la révision de la fiscalisation des biocarburants, les dossiers « chauds » ne manquent pas en cette fin d’année pour la CGB. La confédération, qui tenait son congrès annuel le 4 décembre à Paris, a insisté pour que les conditions d’une meilleure compétitivité en sucre et en éthanol soient assurées.

«Pourquoi, monsieur le ministre, remettre en cause dès la première année la fiscalité des biocarburants, qui est un des éléments fondamentaux d’équilibre économique de la filière naissante sans lequel les unités de production ne peuvent trouver un équilibre financier ? », a interrogé Dominique Ducroquet, président de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves), le 4 décembre, lors du congrès annuel de la structure à Paris. Depuis les discussions sur la loi de finances rectificative pour 2007, qui remet en cause les montants de défiscalisation des biocarburants, le syndicat estime d’ailleurs qu’il faut désormais parler de taxes. « Nous sommes fiscalisés en matière de production de biocarburants », a souligné Alain Jeanroy, directeur général de la CGB le 3 décembre en conférence de presse. Et l’impôt versé serait même supérieur à celui du diesel. Dans le texte actuel, la taxe touchant l’éthanol passerait à 15,6 euros par gigajoule (12,8 euros actuellement), contre 11,9 euros pour le diesel. Ce nouveau chiffre se rapproche des 18,8 euros exigés pour l’essence. C’est une « politique de Gribouille », a estimé le directeur général.

Un rapport sur la formation du prix de la betterave éthanol

Ces revendications n’ont pas rencontré beaucoup d’écho auprès du ministre de l’Agriculture : « Avec la proposition initiale des services de Bercy, on était à moins 40 % de défiscalisation par rapport à la situation antérieure, a-t-il indiqué le 4 décembre. J’ai obtenu au sein du gouvernement que la baisse soit limitée à 15 %, et c’est maintenant au Parlement qu’il revient d’en arrêter les modalités ». La CGB a également fait part au ministre de ses doutes concernant la rémunération de la betterave éthanol. « Les industriels nous imposent des prix totalement déconnectés de ceux auxquels ils valorisent l’éthanol », a expliqué Dominique Ducroquet à Michel Barnier. Le syndicat souhaite une rémunération proche des 25 euros/t, alors que les industriels proposent aujourd’hui des prix de l’ordre de 18 à 20 euros/t. Le ministre a indiqué que pour clarifier la situation, il a commandé un rapport sur la formation du prix de la betterave-éthanol. « Ce travail conduit par un inspecteur général de l’agriculture est en cours de finalisation », a-t-il précisé, signalant que « les entreprises coopératives et industrielles ne fonctionnent pas selon la même logique ».

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Aux industriels d’augmenter la productivité des usines

Les betteraviers restent également vigilants sur la mise en œuvre de la réforme de l’OCM sucre, et les coûts que la restructuration des usines pourraient entraîner. « On ne résoudra pas le problème de nos industriels en diminuant le prix de la betterave », a affirmé Alain Jeanroy, le 3 décembre. Et il n’est pas plus question pour le syndicat de voir les agriculteurs participer aux frais de transport en cas d’allongement des distances d’approche. « Au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suède, la taille des usines varie de 250 000 à 350 000 tonnes de sucre, contre 150 000 tonnes en France en moyenne », a décrit Dominique Ducroquet en assemblée générale. Malgré un rayon d’approvisionnement de 90 km en moyenne, soit le double de la France, les industriels néerlandais dégagent de telles marges grâce à leurs gains de productivité qu’ils rémunèrent leurs planteurs au-delà du prix minimum. Pour la CGB, c’est sur les usines situées au sud de Paris que les industriels doivent agir. Dominique Ducroquet, qui a annoncé qu’il ne se représenterait pas à la présidence de la CGB (lire en rubrique Leaders) estime qu’une vingtaine d’usines seulement doivent permettre de produire le quota français, contre 30 aujourd’hui, et 25 après les disparitions annoncées.