Une fois encore, le vieil argument sur « l'agriculture n'est faite que pour nourrir » vient de frapper. La loi de de Ségolène Royal sur la transition énergétique, intéressante à plus d'un titre, contient malgré tout un article interdisant le principe d'utilisation du maïs dans les méthaniseurs. Le prétexte : il ne faut pas que des cultures servent à autre chose qu'à l'alimentation. Quand donc sortira-t-on de ce type de préjugé stupide et inopportun ?
Oublie-t-on qu'avec le maïs on produit des milliers de tonnes d'amidon qui se retrouvent depuis des lustres dans des textiles, papiers et autres usages plus modernes ? Et notamment dans les sacs recyclables qui vont pouvoir remplacer les sacs plastiques que la loi elle-même va interdire ! Que, d'ailleurs, avec la société Roquette, la France a une des plus belles entreprises exportatrices dans ce domaine.
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Oublie-t-on que depuis des lustres l'agriculture produit du coton, de la laine, du lin, du chanvre, etc ? Et que personne n'a jamais trouvé cela odieux ! Certes, dans des pays dont les habitants sont sous-alimentés il faut éviter des prélèvements excessifs sur le potentiel alimentaire. Mais toute personne un tant soit peu informée sait que pour faire de l'agriculture il faut de l'énergie. Et que c'est cela qui manque aux pays pauvres. Ne serait-ce pas judicieux qu'ils consacrent une petite part de leur sol pour alimenter, demain, des tracteurs ? Des outils qu'ils n'ont pas aujourd'hui mais qui pourraient être, demain, à la base d'une hausse des rendements.
Et puis, en France, subit-on vraiment le risque de voir la production agricole manquer à cause du manque de terres ? En aucun cas. Certes, il faut éviter que la construction de méthaniseurs ne se conçoive qu'à base de maïs. Mais on n'en est pas là. Et ce ne sont pas les terres agricoles qui manquent. Mais en France, on a trop tendance, pour éviter des excès, à interdire radicalement. C'est qu'on ne fait pas confiance…