Lors d’une conférence de presse de l’AGPM (maïsiculteurs, FNSEA) à Paris le 30 juin, le cabinet Orae Géopolitique a présenté une étude qui indique que la production hexagonale de maïs pourrait décrocher de 2,9 Mt à l’horizon 2030 en cas d’intégration de l’Ukraine dans l’UE sans contrainte. Une chute d’un tel volume correspondrait à un recul du chiffre d’affaires de la filière de 663 M€. Le cabinet estime que l’Ukraine sera en mesure d’investir pour porter sa production de maïs à un niveau proche de 40 Mt en 2030 (niveau déjà atteint avant la guerre avec la Russie), tout en développant son industrie de transformation : biocarburants, amidonnerie, élevage (spécialement la volaille). L’étude pointe le fait que les coûts de production de maïs grains en France s’élèvent en 2024 à 261 €/t, contre 209 €/t dans l’UE et 97 €/t en Ukraine, révélant, selon eux, une concurrence déloyale. L’AGPM réclame ainsi « une véritable ambition de production agricole européenne et française et « la réciprocité des normes : application stricte des mêmes standards et mise en place de contrôles », notamment en cas d’intégration de l’Ukraine dans l’UE. Enfin, tant que l’Ukraine n’est pas membre de l’UE, l’association spécialisée demande « un mécanisme de droits de douane efficace et déclenchable » contre les importations en provenance de ce pays, qui se sont multipliées ces dernières années dans l’UE.
KC