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Charcuterie Maison Fillière utilise l’intelligence collective pour recruter

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Confrontée à un problème de recrutement de personnel de production, le charcutier provençal Maison Fillière a construit un programme original avec Randstat, l’Ifria Paca, Pôle Emploi et un centre de formation pour créer des emplois durables.

Face à sa problématique de recruter du personnel de production, Maison Fillière, à Avignon, a développé une nouvelle stratégie de recrutement fondée sur un travail collaboratif. Randstat Carpentras, agence d’intérim spécialisée dans les industries agroalimentaires, avec laquelle ce spécialiste des salaisons travaille de longue date, s’est tourné vers l’Ifria Paca pour construire une démarche originale de recrutement, auquel ont été associés Pôle Emploi et le CFPPA, centre de formation du ministère de l’Agriculture basé à Carpentras.

Dans un premier temps, ces partenaires ont invité 130 demandeurs d’emploi ou personnes en reconversion professionnelle pour une présentation des différents métiers de cette entreprise née en 1895, qui compte 125 personnes et réalise 23 M€ de chiffre d’affaires. Une présentation des métiers, mais aussi des tâches en station debout sous température dirigée en contact manuel avec la viande. Ensuite, Pôle Emploi a réalisé sur les 50 volontaires restants des tests suivant la « méthode des habiletés » qui permet d’évaluer les capacités pratiques des personnes, permettant de retenir 30 personnes, qui ont alors bénéficié d’un entretien par Randstat puis par Maison Fillière. À l’issue de ces échanges, les 10 candidats retenus ont suivi une formation spécifique aux postes, créée et organisée par le CFPPA de Vaucluse, suivi d’une immersion en entreprises pendant dix jours.

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L’établissement a construit dans le cadre d’un POE collectif (Préparation opérationnelle à l’emploi) des modules sur les connaissances de base des métiers de l’agroalimentaire. Le centre de son côté a développé des jeux de rôle et des mises en situation théâtrale pour permettre aux candidats de comprendre leurs points forts et leurs marges de progression, mais aussi de prendre de la distance par rapport aux ordres de la hiérarchie, notamment pendant les périodes de pointe de production.

Au final, ces personnes sont destinées à occuper un emploi durable chez Maison Fillière. À ce jour, seules cinq personnes sont toujours en poste. « Nous reconnaissons que cette action coordonnée par l’Ifria a été particulièrement efficace », explique Catherine Fillière, DRH de l’entreprise de charcuterie. Certes, l’objectif numérique n’est pas atteint. La maison, plus que centenaire, travaille sur le long terme et compte renouveler pour accroître durablement ses effectifs.