L’idée de régulation fait son chemin… lentement et laborieusement. Depuis que l’Espagne a pris la présidence de l’UE et que la Commission a placé un Roumain à l’agriculture, les thèses françaises ont-elles plus de chances d’être entendues ? Bruno Le Maire n’a pas ménagé ses efforts de persuasion auprès de ses collègues européens pour qu’ils rejoignent ses vues sur une PAC forte dotée d’instruments supplémentaires de régulation des marchés. Dire qu’il a gagné la majorité est néanmoins un peu prématuré car les échanges qui viennent d’avoir lieu entre les 27 sur le « fonctionnement de la chaîne alimentaire » et sur la gestion des marchés après 2013 n’ont pu aboutir qu’à un document de conclusions de la présidence et non à des « conclusions du Conseil des ministres ». Sur certains points comme le maintien des outils actuels, il se dégage une vraie majorité, mais sur leur renforcement les choses sont moins claires même si l’idée d’adapter le droit de la concurrence aux particularités des marchés agricoles a quand même été retenue.
Pour le ministre français, l’enjeu est réel : il s’agit d’éviter que les dispositions qu’il prévoit dans la loi de modernisation de l’agriculture ne soient trop en décalage voire en contradiction avec la politique commune. Une articulation qui sera absolument nécessaire dans le cas, symbolique entre tous, de la filière laitière. Les derniers soubresauts de la fixation trimestrielle des prix du lait montrent l’urgence qu’il y a à trouver un système contractuel pérenne et sans contestation possible.
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