La prévention de l’obésité s’organise à présent en France autour d’un présupposé rampant, c’est que les industriels de l’alimentaire sont de quasi-délinquants qu’il n’est pas vraiment utile d’entendre. A peine mise en place et sans en apprécier les retombées, il faudrait déjà réévaluer la taxe sur les publicités alimentaires non accompagnées de messages nutritionnels. Cette suggestion, émise par certains porte-parole des consommateurs comme UFC Que choisir, sous-tend que la baisse des prix n’est pas une priorité ! Les mêmes militent aussi pour que soit créé un Fonds de promotion de la nutrition … financé par des cotisations des industriels et des distributeurs. Une façon d’empêcher l’Ania de créer sa fondation ? Et l’idée fait son chemin puisqu’elle a été reprise par le vice-président du comité de pilotage du PNNS. Le professeur Hercberg a d’ailleurs le don d’intimider la profession, en présentant oralement ses 136 propositions pour la phase 2 du programme qui doit couvrir les années 2006-2010, mais sans remettre son rapport écrit. Malaise donc, en l’absence de ténors de l’industrie ou du commerce aux réunions, et parce que le ministre de la Santé, destinataire du rapport, peut toujours dire que rien n’est décidé. Il n’empêche, la mécanique semble lancée. Contrairement aux recommandations du Conseil national de l’alimentation, l’évaluation de l’efficacité de la première phase du PNNS n’a pas été faite, sauf par ceux-là mêmes qui l’ont conçu et mis en œuvre, et il est déjà prévu de passer à la vitesse supérieure. En tournant le dos à la méthode adoptée à Bruxelles où la concertation préside aux « plates-formes obésité ».
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