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Elevage Malgré les incertitudes, les éleveurs ont investi en 2012

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Si les éleveurs laitiers et allaitants ont plus investi en 2012, ce n’est pas le cas de l’ensemble du secteur de l’élevage français, notamment en filière porcine. Pour 2013, les professionnels de l’agroéquipement préfèrent parler « d’optimisme prudent ». Les ventes de matériel de traite ont progressé de 16% tandis que la demande globale en équipements agricoles a progressé de 18%.

Les investissements des éleveurs laitiers dans l’agroéquipement ont augmenté en 2012. Une tendance qu’il n’est pas possible de généraliser à toutes les filières d’élevage, a-t-on appris lors d’une conférence de presse organisée par la filière des agroéquipements à Paris le 25 octobre. « Les investissements dans le secteur du lait marchent relativement mieux en 2012, compte tenu du prix du lait qui s’est stabilisé », a déclaré Patrick Perard, président de l’Union des industriels de l’agroéquipement (Axema), lors d’une conférence de presse qui se tenait le 25 octobre à Paris. Les éleveurs laitiers ont plutôt investi dans le matériel de traite grâce à une conjoncture favorable qui s’est confirmée au premier semestre 2012. « Les ventes de robot de traite ont augmenté de 42% par rapport à 2011. Celles de matériel de traite conventionnelle se sont développées de 16% », poursuit Patrick Perard. En élevage allaitant, « le matériel de presse et de fenaison a vu ses ventes augmenter » (+20% sur la campagne 2011-2012). Les professionnels de l’élevage se tournent vers du matériel plus performant, mais plus onéreux, car ils investissent en groupe. « C’est un secteur d’activité qui s’adresse de plus en plus aux entrepreneurs ou aux CUMA (coopérative d’utilisation du matériel agricole) ». Autre son de cloche pour l’élevage porcin : si l’année 2011 a été particulièrement morose, « les choses ne se sont pas arrangées en 2012 ». Néanmoins, l’échéance de la mise aux normes de bâtiments de truies gestantes a soutenu, ponctuellement, la demande en équipements. Quoi qu’il en soit, toutes filières confondues, au premier semestre 2012, la demande de matériel s’est renforcée de 18% et les professionnels tablent sur une année légèrement supérieure à 2011.
 
Incertitudes pour 2013
Pour 2013, la prudence est de mise. Les incertitudes sur la capacité d’investissements des éleveurs se bousculent. Les coûts de production continuent de progresser. L’Ipampa (prix d’achat des moyens de production agricole) est à son plus haut niveau depuis sa création en 2005. Un constat rejoint par une étude de l’Ifip (institut technique du porc) publiée le 25 octobre : le prix de l’aliment porcin a augmenté de 14% en un an. « On garde en tête l’année exceptionnelle de 2008 suivi de la dépression de 2009 et de 2010 », analyse Alain Dousset, président du Syndicat des entreprises de services et distribution du machinisme agricole (Sedima). Par ailleurs, « le désengagement de l’État » inquiète la filière laitière, confie Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). En 2012 déjà, le budget du « plan de modernisation de bâtiment d’élevage (PMBE) n’était pas suffisant, et l’enveloppe pour l’année prochaine risque d’être divisée par deux », craint-il. Dans le projet de loi de finances 2013, les autorisations d’engagement du PMBE ont en effet été réduites à 31 millions d’euros, contre 48 millions d’euros en 2012. Et le fonds de modernisation promis par les céréaliers ne pourra pas compenser la réduction des aides de l’Etat. « Ce fonds ne peut pas se substituer aux pouvoirs publics », prévient d’ailleurs Thierry Roquefeuil. Enfin, la réforme de la fiscalité agricole devrait aussi influencer la capacité d’investissement des éleveurs. Interrogé sur la remise en question de la déduction pour investissement (DPI), Patrick Perard explique que sa suppression aurait des conséquences « catastrophiques » pour les professionnels de l’agroéquipement et pour ceux de l’élevage. En particulier, ces DPI avaient « au moins l’avantage de lisser sur plusieurs années les amortissements. Sans DPI et si le contexte économique n’est pas porteur, il pourrait y avoir un arrêt complet des investissements ». Les capacités d’investissement des éleveurs, positives en 2012 selon les filières, restent incertaine pour l’année à venir. C’est dans ce contexte qu’Alain Dousset parle « d’optimisme prudent ».

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