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Traiteur Malgré l’influenza aviaire, Maïsadour retrouve une meilleure rentabilité

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La coopérative Sud-Ouest, propriétaire entre autres de Delpeyrat, de Delmas et de St Sever, a terminé son exercice 2016/2017 sur des ventes en retrait, mais affiche un résultat net consolidé positif de 4,8 millions d’euros, après une perte de 22 millions d'euros l’année passée. La crise de l’influenza aviaire a durement touché ses activités dans la gastronomie et l’élevage.

« Malgré la deuxième vague d’influenza aviaire, Maïsadour parvient à améliorer ses résultats financiers avec un EBE en hausse de 10 % à près de 40 millions d’euros et un résultat net consolidé qui repasse dans le vert à 4,8 millions d’euros », a déclaré Philippe Carré, directeur général de la coopérative depuis février dernier, le 5 décembre à l’occasion de la présentation des résultats annuels à l'assemblée générale de la coopérative. À noter que sur le précédent exercice (clos le 30 juin 2016), la coopérative avait enregistré un bénéfice net négatif de 22 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires est quant à lui en retrait de 8,8 % à 1,336 milliard d'euros, à cause de la faible récolte hivernale de céréales, de l’alimentation animale non-produite, de l’absence dans les élevages de 3 millions de canards et de 5 millions de poulets par rapport à l’exercice précédent. La crise de l’influenza aviaire et le vide sanitaire qui s’en est suivi pour la deuxième année consécutive ont durement perturbé le pôle gastronomie, qui représente la première activité de la coopérative avec un tiers de son chiffre d’affaires.

Les arrêts de production ont entraîné la mise en activité partielle de 400 salariés qui travaillent dans les abattoirs de canards et de volailles. « Il n’y a pas eu de dégâts sociaux pour les salariés permanents, mais nous avons très fortement réduit la voilure pour les intérimaires, et nous avons gelé ou différé les recrutements par manque de visibilité », explique Philippe Carré. Certains investissements sont décalés : c’est le cas à Condom (Gers), où des travaux de modernisation et d’automatisation étaient prévus, mais sont aujourd'hui suspendus pour des raisons administratives. « Le dossier est à l’instruction à la préfecture du Gers », précise le directeur général.

Du changement dans la production

Philippe Carré explique le retour de la rentabilité sur la plupart des pôles d’activité par les différentes mesures prises en interne et cela en dépit du contexte, notamment un plan d'économies. « Nous nous sommes séparés des foyers de pertes comme l’usine au Canada qui a été vendue et nous avons terminé le redressement de Ledun Pêcheur d’Islande, une entreprise que nous avions repris à la barre du tribunal de commerce », selon le dirigeant. Philippe Carré souligne aussi avoir agi sur la productivité : « Nous avons fermé la conserverie de Lauzerte et nous avons modifié nos flux de saumon en privilégiant une plateforme de Stef à Nemours, en région parisienne, au détriment de celle de Thouars, dans les Deux-Sèvres » détaille-t-il.

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Pour se prémunir des conséquences d’un éventuel retour de l’influenza aviaire, Maïsadour a investi 3 millions d’euros dans la biosécurité, notamment dans sa station pilote de Mugron (Landes). La coopérative est parvenue à faire passer ces hausses de coûts de production auprès de la grande distribution. « Selon les produits, ce sont des hausses d’environ 10 %, surtout pour le foie gras dont les volumes sont en retrait, et un peu moins pour le magret de canard », selon Philippe Carré. La gamme de produits a été retravaillée pour privilégier les foies gras et les saumons haut de gamme.

L’union avec Terres du Sud suspendue

Sur l’exercice en cours, clos au 30 juin 2018, il est encore trop tôt pour se prononcer tant que la saison festive n’est pas passée. « Cela ne sera pas simple car il y a un manque de volume en canard, et nous avons eu de bonnes récoltes de céréales, mais les prix sont bas » estime Philippe Carré. Les bonnes nouvelles viendront peut-être de l’international où la coopérative avance ses pions avec Sarrade, Delpeyrat et les Salaisons pyrénéennes. Fin octobre, le Japon a rouvert ses portes aux importations de foie gras français, les premiers pas dans le jambon aux États-Unis sont très positifs, tandis que le marché chinois est plus lent à pénétrer. Comtesse du Barry prévoit aussi un retour à la rentabilité en 2017/2018 (Agra Alimentation du 14 septembre 2017).

Quant à une éventuelle union avec la coopérative Terres du Sud, annoncée en janvier 2017 comme source de synergies et d’une force de frappe renforcée à l’international, Philippe Carré annonce qu’elle est « suspendue à cause des soucis financiers chez les deux partenaires dus à la crise aviaire. » Et ce même si les choses pourraient changer, souligne-t-il, avec l’arrivée d’un nouveau directeur général chez Terres du Sud.