Sur un marché européen difficile Nestlé a vu son chiffre d’affaires reculer de 1,4 % en 2004 à 86,769 milliards de francs suisses (56,71 milliards d’euros). Mais, malgré une hausse des coûts de matières premières, le groupe suisse a par contre connu une croissance de son bénéfice net à 6,717 milliards de FS (4,37 milliards d’euros, + 8,1 %). Pour rassurer ses actionnaires, le groupe a annoncé une augmentation de son dividende de 11 % et le rachat d’actions en vue de leur annulation pour un montant de 1 milliard de FS. En France, Perrier est toujours sous la menace d’une cession voire d’une délocalisation dans le cadre d’une recherche de productivité.
Nestlé veut rassurer ses actionnaires. Face à un recul de 1,4 % de ses ventes en 2004 à 86,769 milliards de francs suisses (56,71 milliards d’euros), le groupe suisse a décidé d’augmenter son dividende de 11 %. Première historique, Nestlé a également annoncé un plan de rachat d’actions, en vue de leur annulation, pour un montant de 1 milliard de francs suisses afin d’augmenter le revenu des actions restantes. « 2004 n’a pas été une année facile car nous avons dû continuer à faire face à une stagnation économique en Europe occidentale », a ainsi avoué Peter Brabeck-Letmathe, vice-président et administrateur délégué du groupe. Nestlé explique également la baisse de son chiffre d’affaires par l’impact négatif des taux de changes (- 3,5%) et du fait de désinvestissements (3,6 % des ventes) supérieurs aux acquisitions (1,2 %). A périmètre constant, les ventes ont tout de même augmenté de 4,5 %, une croissance légèrement inférieure aux objectifs à long terme, mais largement supérieure à la moyenne du secteur alimentaire, souligne Nestlé. A l’instar de ses congénères, le géant alimentaire a également pâti de la hausse des prix de matières premières telles que le lait, le café, le sucre, l’énergie et les emballages. Pourtant, notamment grâce à de bons résultats en Asie, en Afrique et aux Amérique, le groupe a réalisé un bénéfice net de 6,717 milliards de francs suisses (4,37 milliards d’euros) en 2004, en hausse de 8,1 % sur 2004. Ce chiffre comporte cependant un élément exceptionnel de 1 milliard de FS lié à la déconsolidation de Sanofi-Synthélabo par L’Oréal, dont Nestlé est le deuxième actionnaire avec 26,4 % du capital. Sa marge opérationnelle avant intérêts et impôts a en outre atteint son plus haut niveau historique, soit 12,6%, contre 12,5% en 2003.
Une « croissance fantastique » en Chine
En France et en Allemagne, Nestlé a vu ses ventes reculer aussi bien en volumes qu’en valeur, du fait de conditions météorologiques mauvaises qui ont pesé notamment sur les ventes de glaces et de boissons. Comme l’ensemble du secteur, le suisse a également été confronté à une concurrence accrue des MDD et d’une baisse du pouvoir d’achat des ménages. Sur le marché des eaux en particulier, considéré comme « très agité » par le groupe, sa filiale Nestlé Waters a souffert de la fuite des consommateurs européens vers des marques moins chères, malgré les bonnes performances d’Aquarel dont les ventes ont progressé de 40 %. D’une manière générale, subissant les effets d’une croissance molle et d’une préférence pour l’épargne, le marché européen a été difficile (- 0,4 % de CA). Comme pour son homologue Danone, les performances ont par contre été particulièrement bonnes en Chine (+ 11,5 %) et aux Philippines (+ 16,4 %). « Il ne fait aucun doute que le marché chinois va nous apporter une croissance fantastique », a ainsi déclaré Peter Brabeck-Letmathe. Avec des ventes qui ont été multipliées par cinq depuis 1997 et ont dépassé la barre du milliard de francs suisses en 2004, on comprend aisément pourquoi ce marché suscite autant d’enthousiasme, comme l’ensemble Asie, Océanie et Afrique qui a connu une croissance organique de 6,9 % des ventes. Outre-Atlantique, les résultats sont encore meilleurs (+ 7,7 % de CA), notamment grâce à des nouvelles gammes de produits destinés aux animaux domestiques, aux glaces et au réveil du surgelé. Si les parts de marché ont progressé sur les eaux en bouteilles aux Etats-Unis, Nestlé a néanmoins comme Danone subi l’érosion des prix des bonbonnes. En Amérique latine le suisse a affiché une croissance organique de 11 %.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Perrier menacé de cession ou de délocalisation
A l’affût de gains de productivité, notamment en France, Nestlé a pointé du doigt Perrier, dont la restructuration fait l’objet d’un conflit avec la CGT. « L’option de vendre Perrier est toujours sur la table », a ainsi rappelé Peter Brabeck-Letmathe. Le groupe aurait déjà reçu plusieurs propositions de reprise de la part d’industriels et de fonds de d’investissement. Avec une productivité d’environ 600 000 bouteilles par salarié et par an, contre 1,8 million en moyenne dans les autres usines du groupe, le site de Vergèze, qui a perdu de l’argent en 2004 après deux années de retour à l’équilibre, pourrait également être menacé de délocalisation. « La loi nous permet de produire ailleurs qu’à Vergèze, a souligné Fritz Van Dijk, responsable des opérations en Asie, Afrique et Moyen-Orient. Si la productivité ne s’améliore pas sur le site, nous pourrions donc délocaliser la source. » En réponse à ces menaces, la CGT, actuellement engagée dans un bras de fer juridique avec Nestlé Waters au sujet de la filialisation de ses différents sites de production (Quézac, Vittel, Contrex et Perrier), souhaiterait un classement de la source Perrier en AOC.
Pour l’année en cours, Nestlé prévoit une croissance organique de 5 à 6%, ainsi qu’un chiffre d’affaires et une marge d’exploitation en hausse à taux de change constant. Mais le groupe estime que l’environnement économique en 2005 «ne sera pas très différent» de celui qui a prévalu en 2004.