L’élevage a beau représenter 8 % du PIB malien et constituer la troisième ressource du pays en matière d’exportations, « les besoins locaux en lait et produits laitiers sont couverts à 50 % par les importations », a signalé Amadou Diallo, fondateur de l’ONG ICD (Initiatives conseils développement), le 16 octobre. Pour cet ingénieur agronome, il ne s’agit pourtant pas d’une concurrence déloyale. Faute de routes et de moyens de réfrigération capables de permettre l’acheminement du lait des zones de production vers celles de consommation, la marchandise locale n’est pas ou peu mise à disposition des clients. Vient s’ajouter un décalage entre pic de production, en saison humide, et pic de consommation, en saison sèche, des difficultés de collecte compte tenu de la dispersion des producteurs, des problèmes sanitaires… Tout un ensemble de facteurs qui poussent à la hausse le prix du lait local. Légitimement, les acheteurs lui préfèrent le lait d’importation en poudre, facile à trouver, simple à conserver et moins coûteux. La hausse des prix mondiaux se fait donc sentir sur le consommateur, qui doit payer 30 à 40 % de plus son lait, malgré les efforts du gouvernement pour contenir les prix. Conséquence : « Le Malien moyen ajuste sa consommation de lait à sa bourse », a conclu Amadou Diallo.
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