Pour enrichir sa démarche de commerce équitable, Malongo investit 200 000 euros pour appliquer la RFID dans des zones rurales d’Haïti. La mise en place de cette technologie devrait fournir de nouvelles informations au consommateur final, mais aussi offrir aux producteurs locaux une formation plus poussée et accroître les volumes de production. Sur les 600 000 tonnes de café que Malongo torréfie chaque année, 170 tonnes sont originaires des coopératives haïtiennes et labellisées Max Havelaar.
C’est un développement technico-économique responsable ». En mariant commerce équitable et haute technologie, Jean-Pierre Blanc place la démarche de Malongo bien au-delà d’un simple investissement industriel. Le directeur général de la société azuréenne entend « donner une chance à Haïti de rattraper le temps perdu ». Point de départ : la RFID. En partenariat avec l’Université de Nice Sophia-Antipolis et l’université d’Haïti, le torréfacteur a engagé en 2005 un projet pour « tracer » de l’arbre à la tasse son café labellisé Max Havelaar en provenance des coopératives haïtiennes.
200 000 euros investis
Malongo va financer « à 100% » les unités logistiques et la mise en place des logiciels visant à assurer une traçabilité immédiate et complète de ses produits en Haïti. Coût de l’opération : 200 000 euros. Grâce à un téléphone portable de dernière génération – actuellement sur le marché –, équipé d’un lecteur NFC, le consommateur final pourra « bipper » le « Tag » de son paquet de café pour obtenir des informations complémentaires sur l’origine, le producteur, le prix d’achat de son café ou encore la localisation de la plantation via le logiciel GoogleEarth. Une garantie de qualité et de transparence qui se justifie dans une démarche de commerce équitable. L’information sera collectée tout au long du processus de production du café et diffusée via des « télé-centres ». Ces relais de télécommunication, mis en place par les pouvoirs publics locaux, devraient – en théorie – mailler progressivement les zones agricoles du pays.
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Former les petits producteurs pour augmenter les volumes
Une infrastructure qui devrait également permettre à Malongo d’étendre la formation des petits producteurs à la culture du café. Cette « transmission du savoir, 2e volet du projet » comme l’explique Jean-Pierre Blanc, augmentera la productivité et les volumes récoltés. La PME de Carros a ainsi confié au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de Montpellier la conception de programmes d’enseignement en créole. Car si Malongo travaille depuis près de 6 ans en Haïti avec 40 coopératives qui comptent plus de 10 000 paysans, ce ne sont que 170 tonnes de café qui sont importées de ces plantations. Une goutte noyée dans les 600 000 tonnes que la société torréfie chaque année.
Dans une perspective plus globale, Jean-Pierre Blanc espère donner dans ces régions agricoles d’Haïti un réel élan au développement d’un « internet gratuit» qui puisse rendre accessible aux populations locales l’information médicale ou encore l’enseignement. « C’est la volonté économique d’un chef d’entreprise qui veut engager ses consommateurs pour développer ses zones de production », explique Jean-Pierre Blanc. « Haïti pourrait ainsi faire figure d’exemple pour d’autres pays en voie de développement », s’enthousiasme le dirigeant, qui reconnaît que « l’idée peut paraître farfelue… » …comme celle du commerce équitable il y a une dizaine d’années, dont il fut l’un des pionniers.