Avec la construction de trois nouvelles malteries en Europe, Malteurop entend répondre à la demande des marchés espagnol, polonais et ukrainien en croissance de 5 à 10% annuellement. En 2006-2007, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires en forte progression de 380 millions d’euros, contre 290 millions lors de son exercice précédent.
Après quelques années de difficultés économiques, le marché du malt semble retrouver un certain équilibre de l’offre et de la demande. Alors que le marché était encore en surcapacité il y a moins d’un an, il semble être revenu vers une stabilité due en partie à la fermeture de quelques usines, selon Alain Le Floch, directeur général groupe de Malteurop. Néanmoins, la tension sur les prix des céréales oblige les malteurs à prendre en compte la volatilité du marché. « Lorsque le prix des matières premières est très élevé, j’ai constaté que le marché du malt se porte mieux, à condition que les malteurs soient capables de gérer cette volatilité, en gérant le risque par un arbitrage des positions futures sur les marchés à terme », indique Alain Le Floch. Et c’est justement ce que Malteurop, filiale de Champagne Céréales, tente de faire en investissant dans la construction de nouvelles unités.
Un investissement de 140 M EUR
Comme nous l’annoncions récemment Cf Agra alimentation n°1990 du 11/10/2007 page 23, Malteurop va investir 140 millions d’euros sur deux ans et demi dans la construction de trois malteries en Espagne, en Pologne et en Ukraine, afin de répondre à la demande de trois marchés en croissance de 5 à 10 % par an. Elles seront respectivement opérationnelles en 2008, fin 2009 et début 2010. Les productions de 100 000 tonnes de chacune des trois unités sont d’ores et déjà contractualisées localement avec des grands groupes industriels internationaux qui souhaitent sécuriser leur approvisionnement. « Nous sommes dans l’optique de sécuriser les approvisionnements des brasseurs mais également de donner un débouché à l’orge brassicole. Notre rôle reste d’absorber voire de lisser l’écart entre les cycles de consommation des brasseries et les cycles annuels et pluriannuels de l’agriculture », explique Alain Le Floch.
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Exportation intracommunautaire
Disposant déjà d’unités dans ces trois pays européens, le groupe a privilégié la construction de nouvelles usines à l’extension de ces capacités existantes. Rappelons que le groupe français a acquis le polonais Baltic Malt et l’allemand Sachsenmalz en décembre 2006 Cf Agra alimentation n°1955 du 21/12/2006 page 23. « Les coûts logistiques étant extrêmement importants dans notre métier, nous avons préféré choisir une implantation proche de nos clients », note le directeur général. Alors que la majorité des onze unités européennes du groupe sert principalement les marchés locaux (Allemagne, Espagne, Portugal, Pologne, Ukraine et Chine), les quatre usines françaises ont vocation à fournir majoritairement l’export. « Le marché français est relativement petit, et ce malgré une progression sensible en 2006. Notre objectif est de développer notre activité d’exportation intracommunautaire », souligne Alain Le Floch, qui ne rejette pas l’idée de se tourner vers des pays non européens. « Nous nous intéressons à des pays où la taille du marché est suffisante, où le marché est en croissance et où nous pouvons avoir un retour intéressant sur nos capitaux investis », note-t-il. Employant 450 salariés, le groupe a réalisé 380 millions d’euros sur son exercice 2006-2007 pour une production de 1,2 million de tonnes, dont 400 000 en France. « Nous attendons une progression sensible de notre chiffre d’affaires pour notre exercice en cours grâce à un effet de croissance et de bonnes orientations », précise Alain Le Floch.