Une des meilleures manières d’entamer un dialogue de sympathie avec une personne consiste à l’inviter chez soi. C’est un peu ce que semble faire le monde agricole, en expliquant aux citadins qu’une bonne part d’entre eux sont invités à trouver le travail qu’ils recherchent dans les métiers de l’agriculture. Cela doit commencer par rendre ces métiers plus séduisants. Il y a une question de forme – la campagne de pub de la FNSEA, tout juste lancée, tente d’y remédier – et une question de fond – là, c’est aux employeurs de rendre le travail salarié plus attirant, souvent mieux payé, pour autant que le revenu de l’exploitant le permette.
Ce qui est sûr, c’est que l’agriculture peut durablement apporter sa contribution à la réduction du chômage qui atteint dans notre pays des niveaux dramatiques. Ce qui est vrai pour les salariés l’est également pour les exploitants. Le nouveau parcours à l’installation vise notamment à s’adapter à des profils de citadins.
Si l’agriculture réussit ce pari, elle aura sans doute renoué les fils d’un dialogue qui manque tant entre les deux populations, celle des villes et celle des champs. Le pari peut être tenu. Vouloir être un entrepreneur, c’est avant tout vouloir recruter des gens pour produire et vendre. Mais il est vrai que c’est plus difficile qu’il n’y paraît. Pour recruter il ne suffit pas de passer une petite annonce ; pour diriger il ne suffit pas de faire preuve d’autorité ; il faut, peut-être, multiplier les formations de management pour les employeurs agricoles, les inciter à se regrouper pour développer la fonction de « ressources humaines. » Si on veut proposer des métiers « à la mode », cela passe aussi par là.