Lors de son audition devant la commission Commerce international du Parlement européen, le 4 octobre, le futur commissaire au Commerce, Peter Mandelson, ne s’est pas contenté de vanter les mérites de son prédécesseur. Il s’est fixé des priorités très proches de celles de Pascal Lamy.
Je ne suis pas un libéral simpliste », se définit le très british Peter Mandelson qui, durant trois heures d’audition devant le Parlement européen, a soigné les eurodéputés appelés à juger de ses capacités à devenir commissaire européen au Commerce. Indépendance vis-à-vis de son « ami » Tony Blair, promesse d’ouverture et de transparence envers des eurodéputés, gages de ne pas se contenter de « lorgner les Etats-Unis par-dessus l’Atlantique » : il a balayé d’un revers de main les quelques craintes qu’ont suscitées sa nomination.
Achever le cycle de Doha
Peter Mandelson, droit sur sa chaise et avare en mouvement, a égrainé ses priorités dans la lignée de « Pascal » son prédécesseur, avec lequel il entretient de très bonnes relations. La première d’entre elles, pour son mandat de cinq ans qui débutera le 1er novembre, sera d’achever le cycle de Doha, négocié dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce. Ouvrir les marchés des produits industriels, des services et de l’agriculture, y compris entre les pays en voie de développement, fera partie de cet objectif qu’il espère remplir d’ici à 2006.
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Le futur commissaire est aussi très sensible à la conclusion d’accords de partenariat économique avec le groupe des pays ACP. Il affirme son identité travailliste par la place qu’il accorde au soutien aux pays en voie de développement. Mais « une augmentation de 1% des exportations africaines » prime pour lui sur l’allègement de la dette de ces pays. En revanche, il n’est pas prêt à abolir unilatéralement les subventions à l’exportation lorsqu’elles pourraient favoriser une libéralisation accrue de la part d’autres pays développés.
Sucre : ajustements nécessaires
Interrogé sur la future réforme du régime sucre par deux députés néerlandais, il a souligné que l’Europe doit « faire tout ce (qu’elle peut) pour aider les pays ACP. (…) Des arrangements transitoires, tant pour les producteurs européens que pour ceux des ACP, seront nécessaires. La réforme devrait viser la sécurité de l’approvisionnement, la stabilité pour les producteurs, des prix plus bas pour les consommateurs, moins de dumping et moins de distorsions commerciales », a résumé le très consensuel futur commissaire qui a réussi son examen de passage.