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Sécurité alimentaire Mandelson s’insurge contre la tentation protectionniste française

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Une plus grande libéralisation des marchés mondiaux de l’agriculture, plutôt que le protectionnisme, est la meilleure réponse à la hausse des prix des denrées alimentaires, a indiqué le commissaire européen au commerce Peter Mandelson, qui faisait allusion à une proposition de Michel Barnier présentée le 14 avril au Conseil des ministres européen de l’agriculture.

«Eriger des barrières au commerce est la dernière chose que l’Europe devrait envisager », a déclaré Peter Mendelson, commissaire européen au commerce lors d’un débat au Parlement européen le 17 avril. Selon lui, des prix alimentaires plus élevés pourraient en fait représenter une opportunité pour les agriculteurs des pays en développement, « pour autant qu’ils soient aidés par des moyens et des marchés » qui leur permettent d’en tirer profit, a-t-il pris soin de préciser. Le commissaire britannique répondait indirectement à l’appel lancé par le ministre français de l’agriculture Michel Barnier en faveur d’une « initiative européenne pour la sécurité alimentaire ». Peter Mandelson a mis en garde contre « une illusion de sécurité alimentaire », par le biais du protectionnisme en dénonçant les subventions à l’agriculture distribuées dans les pays riches, qui « faussent le commerce agricole, réduisent les possibilités d’exportation des pays en développement et menacent la production agricole locale ». Comme on le sait, la libéralisation des échanges agricoles est l’un des points clef et la pierre d`achoppement aussi des négociations dites de Doha menées sous l`égide de l`OMC. Mais pour Peter Mandelson une des mesures, sinon « la » mesure la plus appropriée pour remettre de l’ordre dans la situation il serait de conclure et le plus rapidement possible les négociations du cycle de Doha.

Priorité à l’alimentation humaine

L’initiative française qu’a présentée Michel Barnier le 14 avril à Luxembourg préconise une augmentation de la production agricole et une aide renforcée dans ce domaine aux pays pauvres. Plus concrètement le ministre français propose de « produire plus et mieux » et d’abord pour l’alimentation humaine « qui doit rester prioritaire face aux cultures énergétiques », alors que celles-ci sont de plus en plus mises en cause dans la hausse générale des prix des produits alimentaires. Il plaide ensuite la réorientation de l’aide publique au développement vers l’agriculture, « une priorité qui a été délaissée ces 30 dernières années ». Michel Barnier propose enfin de « mutualiser les capacités d’expertise et de coopération de l’UE avec les pays les plus pauvres » pour les aider à reconstruire une capacité autonome de production et à retrouver une forme de souveraineté alimentaire.

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La crise actuelle, dit-il, doit conduire l’Union à redoubler de fermeté dans les négociations en cours sur la libéralisation des échanges mondiaux à l’OMC, « où l’Europe est sous pression des Etats-Unis et des pays émergents pour réduire ses aides et droits de douane agricoles ». Le ministre français estime qu’avec cette crise, l’Europe a une raison supplémentaire d’être plus vigilante « pour empêcher tout accord déséquilibré, dont les premières victimes seraient les pays les plus pauvres ».