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Protestation Manifestations violentes d’éleveurs dans l’Ouest

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Dans la nuit du 22 au 23 février, des éleveurs de l’ouest de la France ont manifesté dans plusieurs grandes surfaces et déversé plusieurs centaines de chariots ainsi que de la terre à proximité de la maison du ministre de l’Agriculture. Un mouvement qui échappe totalement au contrôle de la FDSEA du Finistère. La Confédération paysanne appelle les organisations professionnelles à se rassembler pour organiser des manifestations plus calmes

Après la protestation spontanée de 300 éleveurs à Quimper le 18 février, plusieurs manifestations violentes d’agriculteurs ont eu lieu dans l’Ouest, apparemment hors d’un encadrement syndical, dans la nuit du 22 au 23 février. Dans la soirée et dans la nuit, les manifestants, « très virulents mais agissant hors des organisations syndicales », selon Jean-Jacques Brot, préfet du Finistère, ont manifesté dans plusieurs grandes surfaces à Morlaix notamment, déversant des détritus, de la terre, arrachant des chariots ou endommageant les abris où ils sont rangés. Les manifestants ont dénoncé par des tags (« Voleurs ») l’attitude de la grande distribution à l’égard des producteurs de lait en particulier. L’entrée d’un centre Leclerc a été défoncée. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a aussi été visé par une action d’agriculteurs cagoulés et masqués qui ont déversé plusieurs centaines de chariots ainsi que de la terre à proximité de sa maison, à Berrien (Finistère). Près de Brest, à Lannilis, Plabennec et Plouguerneau, des agriculteurs ont également ciblé des supermarchés, déversant également des chariots devant la permanence du député apparenté socialiste Jean-Luc Bleunven.

La FDSEA « ne tient plus les gars »

« Cette action n’était pas organisée par le syndicat, mais on ne tient plus les gars. Ils sont à bout, c’est le ras-le-bol », a déclaré Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère. La fédération, en proie à des tensions internes, n’arrive effectivement pas à canaliser ses adhérents. « La Fédé est fractionnée en 3, le bureau de la chambre, l’équipe de Thierry Meret, et les ultra-libéraux de Serge le Doaré qui sont en train de s’imposer. Thierry a perdu la main », raconte un syndicaliste. Le 25 février, le préfet du Finistère a par ailleurs été remplacé par Jean-Luc Videlaine. Dès sa prise de fonction, le nouveau préfet a tenu une conférence de presse afin de dénoncer la casse perpétrée par les agriculteurs : « Je ne connais pas encore bien ce département. Mais dans mon esprit, le Finistère était un département à la grande réussite agricole française. Une réussite qui a structuré le paysage économique. Dès lors, je ne crois pas que casser du mobilier urbain ou investir la propriété d’un parlementaire peut faire aujourd’hui progresser les choses. Ces actions me semblent un peu désuètes », a-t-il estimé.

La Confédération paysanne demande l’abrogation de la LMA

La Confédération paysanne dénonce elle aussi les actions de ces derniers jours. « C’est anti-constructif », juge Vincent Pennober, secrétaire national de l’organisation professionnelle. Mais la Confédération paysanne, qui a lancé une campagne « Sauvons l’élevage » il y a déjà plusieurs mois, comprend les revendications des éleveurs. Plus qu’une mesure d’urgence pour rétablir un prix du lait rémunérateur, le syndicat demande un changement profond de la politique agricole française. « Il faut revenir à une ingérence de l’Etat dans les négociations et abroger la LMA », propose Vincent Pennober. La Confédération paysanne réitère par ailleurs son appel aux autres organisations professionnelles : « Il faut construire une position avec l’ensemble des syndicats pour désamorcer la violence et proposer autre chose aux agriculteurs. S’il y a des actions à faire, c’est l’épandage de lait et le blocage de laiterie, non violente », avance Vincent Pennober. Si la Confédération paysanne insiste tant, c’est qu’il y a urgence. Selon le secrétaire national du syndicat, il y a déjà eu « 4 suicides d’éleveurs en un mois et demi dans le Finistère ».

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