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Marché des grains : un consensus « plutôt haussier » pour 2017

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Le cabinet Agritel a présenté le 31 janvier un nouvel indicateur montrant un consensus « plutôt haussier » sur le marché des grains en 2017, basé sur l’avis des 150 participants à sa conférence organisée quelques jours plus tôt à Paris.

La note de 3,56 sur une échelle de 1 à 5 (de très baissier à très haussier) a été donnée par les 150 congressistes du Paris Grain Day, principalement des collecteurs, traders et industriels d’une quinzaine de pays, reflétant leur vision du marché des matières premières agricoles pour cette année. Si l’impact des fondamentaux sur les prix céréaliers est jugé quasi neutre (note de 2,98) en 2017, il est vu haussier pour les oléagineux (3,79). D’autres « drivers », éléments qui influencent le marché, font pencher la balance dans le même sens : la macroéconomie (3,28), les fonds d’investissement (3,57) et la météo (3,27).

« Le cycle de baisse des prix des matières premières agricoles pourrait s’achever avec une légère reprise dans les mois qui viennent », a déclaré le 31 janvier en conférence de presse Pierre Begoc, directeur du Paris Grain Day, résumant le consensus des opérateurs présents à la conférence du 27 janvier. D’ailleurs, les autres commodités ont déjà rebondi en 2016, à la faveur d’un contexte macroéconomique plutôt favorable, ont souligné les analystes d’Agritel.

L’appétit des fonds

Les fonds d’investissement ont montré leur appétit pour les grains lors de la publication en janvier du dernier rapport de l’USDA : l’annonce de surfaces en baisse pour le blé et le maïs aux Etats-Unis a été suivie d’un regain d’achats des céréales américaines. Car les fonds considèrent celles-ci comme des produits attractifs sur le long terme, selon la synthèse du Paris Grain Day. « Les fonds regardent la situation des agriculteurs en Europe, aux Etats-Unis, qui ont des prix inférieurs aux coûts de production en blé et maïs », a expliqué Sébastien Poncelet, consultant chez Agritel. « C’est intenable. »

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Les fondamentaux neutres en céréales s’expliquent par des stocks qui freinent la remontée des cours. Abondants en maïs aux Etats-Unis, en blé aux Etats-Unis, en Australie et Russie, ils compenseront en partie la baisse des surfaces américaines et la normalisation attendue des rendements après les records de l’an dernier. C’est aussi la domination des origines mer Noire qui frappe. « Les seuls agriculteurs qui continuent de gagner de l’argent se trouvent en mer Noire, peut-être en Roumanie, aussi en Argentine, a relevé le DG d’Agritel Michel Portier. Dans les autres pays, ils souffrent. » Et selon lui, la production céréalière en Ukraine, Russie, Kazakhstan peut encore augmenter dans les années à venir.

Si les fondamentaux restent porteurs côté oléagineux, c’est en partie grâce à une huile de palme soutenue par la montée en puissance du biodiesel en Indonésie, selon la synthèse du Paris Grain Day dressée par Agritel. Un soja tiré par la consommation mondiale de tourteaux, notamment en Chine. Les perspectives en colza semblent plus nuancées : les surfaces emblavées se révèlent insuffisantes en France et en Allemagne pour 2017, mais la filière est confrontée à une remise en cause des taux d’incorporation du biodiesel.

« Le cycle de baisse des prix des matières premières agricoles pourrait s’achever »