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Filière porcine Marché du porc breton, lieu de confrontation entre producteurs et industriels

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Le marché du porc breton est devenu un lieu de bataille entre éleveurs et abatteurs/industriels depuis la séance annulée du 20 septembre. Pour protéger les éleveurs d’une chute trop importante des cours, il ne se tiendra plus qu’une fois par semaine, le jeudi, et ceci pour une durée encore indéterminée. Le Syndicat national des industries des viandes (Sniv-SNCP) menace de développer d’autres systèmes de transactions.

Lundi 20 septembre, le président du marché du porc breton (MPB), Jean-Jacques Riou et les représentants des groupements de producteurs décident d’annuler la séance en apprenant que les abatteurs souhaitent une baisse des cours de 2 centimes (1,18€/kg C au lieu de 1,20€/kg C). Selon Jean-Jacques Riou, cette décision a été prise « afin d’informer l’ensemble des responsables des groupements de la situation ce qui sera fait au matin du 23 septembre, deuxième jour de marché de la semaine. Face à cette annulation, décidée de manière unilatérale et « en infraction avec la convention qui lie acheteurs et vendeurs », le Syndicat national des industries des viandes (Sniv-SNCP) a réagi violemment dans un communiqué de presse du 22 septembre. « Une telle attitude discrédite et met en grave danger un marché déjà beaucoup décrié », est-il écrit. Selon le communiqué, les abatteurs acheteurs « n’entendent engager aucun autre débat sur le prix avec les vendeurs en dehors de la loi » de l’offre et de la demande et insistent pour que la séance du jeudi ait lieu « normalement ». À la suite de réunions entre les acteurs du MPB le jeudi 23 septembre au matin, les responsables de groupements de producteurs et du MPB ont décidé communément de ne faire plus qu’une séance de cotation par semaine, le jeudi, celle du lundi étant annulé.

Annulation de la séance du lundi pour plusieurs mois
Cette mesure prendra effet dès le lundi 4 octobre et ce pour une durée indéterminée. « Ce n’est pas une remise en question du marché, s’exclame Jean-Jacques Riou. Le MPB est un outil technique et non un outil de revendication syndical. » La séance sera donc suspendue jusqu’à ce que la conjoncture soit plus « normale » pour les éleveurs de porc. Selon le président du MPB, il faudra de toute façon analyser l’impact d’une telle mesure avant de se décider à la faire perdurer. Cette décision pourrait mettre en péril ce marché au cadran, car comme le précise le Sniv dans son communiqué de presse, « l’absence de fonctionnement du MPB pourrait ouvrir la voie à de nouvelles relations acheteurs-vendeurs » De son côté, Jean-Jacques Riou, non seulement ne « voit pas ce que cela signifie » mais considère encore « cette menace » comme trop « petite pour se permettre un commentaire ». Le marché du jeudi 23 septembre s’est tenu l’après-midi avec une chute des cours de 0,047ct (1,53€/kg C).

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