Les acteurs commerciaux ont « un rôle prépondérant » sur les marchés des contrats en blé, maïs et colza, selon une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publiée le 12 juillet. « Les entreprises commerciales jouent un rôle prépondérant sur le marché européen des dérivés de matières premières agricoles, sur les échéances rapprochées comme les échéances plus éloignées : sur le contrat blé du Matif, référence pour les prix en Europe, elles représentent en moyenne quotidienne près de 57 % des positions ouvertes », indique l’AMF, sur la base des données de reporting. À titre de comparaison, cette catégorie d’intervenants ne représente que 23 % des positions ouvertes sur les contrats blé à Chicago, où les acteurs financiers y sont au contraire largement majoritaires en proportion et en nombre, d’après l’étude. La position ouverte correspond au nombre de contrats à l’achat ou à la vente détenus par les intervenants.
Quelque 62 % des positions à terme des entreprises commerciales sont déclarées comme correspondant à une activité de couverture du risque de variation de prix sur les grains, poursuit l’AMF. Enfin, cette catégorie d’intervenants sur le marché du blé est quasiment toujours nette vendeuse (positions vendeuses soustraites des positions acheteuses), ce qui signifie que les positions prises par les entreprises commerciales servent globalement davantage à garantir un prix de vente, et donc plus les protéger d’une potentielle baisse que d’une hausse.
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L’AMF a aussi examiné l’évolution de la structure du marché depuis la guerre en Ukraine. « La proportion des acteurs financiers dans les positions a augmenté suite à l’invasion [russe], surtout au cours des trois premières semaines du conflit, mais elle s’est ensuite stabilisée et la part observée au 1er juin était proche de son niveau à la même date en 2021, autour de 50 %. »