La société de conseil ODA a estimé le 12 octobre que les marchés céréaliers ont touché le fond. « On n’attend pas de baisse des prix céréaliers », a déclaré lors d’une journée d’information le directeur d’ODA Agri Louis Verhaeghe, recommandant aux vendeurs d’attendre pour profiter du « risque de hausse ». Explication : la demande mondiale reste soutenue face à une offre mal répartie, des stocks qui se concentrent en Chine et se réduisent chez les principaux exportateurs de blé. « En cas d’accident météo, la réaction des marchés pourrait être brutale », a-t-il prévenu : les prix bas fragilisent les agriculteurs et modifient la conduite des cultures, alors « plus sensibles aux aléas climatiques ».
Si les observateurs restent focalisés sur les bonnes récoltes de grains dans le monde, ODA voit au contraire des tensions naissantes. En blé, le cabinet réfute des chiffres sur un surplus de production mondiale, considérant plutôt un équilibre par rapport à la consommation et même un déficit en excluant la Chine. En maïs, si le bilan apparaît excédentaire au 30 septembre, c’est l’inverse au 31 décembre, d’après ODA, qui met encore à part l’empire du Milieu. « Le marché du maïs va se tendre jusqu’à la récolte en Amérique du Sud », a estimé le DG Didier Nedelec.
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ODA anticipe la bascule « d’un marché de l’offre vers un marché de la demande ». La société de conseil en gestion du risque prix souligne la hausse de consommation mondiale depuis 2000 : +9 millions de tonnes de blé par an, +25 millions de tonnes de maïs par an. Et de pointer la Chine, qui joue actuellement le rôle de catalyseur avec l’explosion de ses besoins en viande, notamment porcine. Reste que les marchés céréaliers naviguent à des plus bas historiques sur dix ans. Contrairement à ODA, les fonds de pension n’ont pas l’air de miser sur un retournement de tendance, vu leur niveau record en position vendeur sur le blé.
« En cas d’accident météo, la réaction des marchés pourrait être brutale », prévient la société de conseil