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Volatilité Marchés laitiers : incertitudes sur l’évolution des prix en 2017 selon Bruxelles

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La 19e réunion du Conseil économique de l’Observatoire des marchés du lait (Milk Market Observatory), qui a eu lieu le 25 janvier 2016, a permis au représentant de la Commission européenne de confirmer, d’une part, une tendance à la hausse des prix des principaux produits laitiers dans le courant de l’année 2016 mais, de l’autre, à des incertitudes en ce qui concerne l’année en cours.

Selon la Commission européenne, les livraisons de lait ont diminué de 3,7 % en novembre 2016 (- 440 000 tonnes) après 6 mois de réduction consécutive. Des diminutions significatives ont été observées dans de grands Etats membres producteurs tels que le Royaume-Uni, la France ou l’Allemagne, bien que dans d’autres, comme la Pologne, l’Irlande ou les Pays-Bas, le déclin n’ait pas été aussi prononcé. Les prix moyens du lait à la ferme ont augmenté de 6,2 % en novembre 2016 pour s’établir à 31,8 cents/kg. Sur la base d’estimations, une nouvelle augmentation aurait eu lieu en décembre suivant, pour un total de + 25 % depuis juillet. Selon la présentation faite par le représentant de la Commission européenne, les prix des produits laitiers maintiennent la tendance à la hausse amorcée en mai 2016, le beurre ayant atteint un niveau record de 430 euros/100 kg et le lait écrémé en poudre se stabilisant autour de 210 euros/100 kg (soit 124 % du prix d’intervention). Les prix du fromage (notamment ceux du gouda et de l’edam) se sont également sensiblement améliorés depuis le mois de mai 2016. Le renforcement de l’euro au début de 2017 a entravé la compétitivité des prix de l’UE sur les marchés mondiaux, rendant le lait écrémé en poudre européen légèrement plus cher que celui des États-Unis. Seul un volume modeste (40 tonnes) de lait écrémé en poudre, mis à la vente par l’intervention publique, a été vendu depuis l’ouverture de l’appel d’offres en décembre 2016. Les offres ont été rejetées lors des 2e et 3e appels d’offres car les prix proposés avaient été considérés trop bas. L’évaluation des niveaux de stock de l’UE, basée sur une approche résiduelle (production + importations - consommation - exportations) a révélé des stocks privés normaux pour le lait écrémé en poudre (mais les stocks publics pèsent encore sur les marchés). En revanche, pour le beurre, les stocks ont chuté de façon drastique, entraînant une grave pénurie. Selon les experts de la Commission européenne, les prix du beurre pourraient s’affaiblir au premier semestre 2017 en raison de la chute printanière, mais devraient ensuite augmenter au second semestre. Les niveaux de stock de fromage présentent une évolution similaire, bien que moins aiguë que pour le beurre.

Production mondiale de lait en 2017 en baisse par rapport à 2016

Au niveau mondial, la croissance de la production laitière a ralenti en juillet-novembre 2016 sous l’impulsion de l’UE et, dans une moindre mesure, de l’Océanie et de l’Amérique du Sud. La production américaine ne cesse de croître (+ 2,6 % en novembre 2016). Le taux de croissance combiné en 2016 (jusqu’en novembre) a atteint + 0,14 %. Le temps humide et les prix faibles ont conditionné la production laitière en Océanie. La production en pleine saison en 2017 devrait être bien inférieure à l’année précédente.

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Les exportations de fromage effacent les effets de l’embargo russe

Les exportations mondiales de produits laitiers ont augmenté tout au long de l’année 2016, bien qu’un léger ralentissement ait été observé en octobre. La demande de lait écrémé en poudre a souffert d’une baisse du pouvoir d’achat dans les pays producteurs de pétrole. Les marchés du beurre, du fromage, du lactosérum en poudre, des préparations pour nourrissons et du lait/crème liquide ont connu un dynamisme remarquable. Les exportations de fromage de l’UE en 2016 ont atteint le niveau d’avant l’embargo russe. La Chine reste le principal importateur mondial de produits laitiers et la principale destination des exportations de l’UE (notamment pour la valeur ajoutée et les produits de consommation). Une production laitière en baisse en 2016 et 2017 et une incitation publique à augmenter la consommation intérieure pourraient doper les importations chinoises. Le rapporteur de la Commission européenne note qu’en ce qui concerne les ventes au détail de l’UE, la perception par les consommateurs du lait comme « produit sain » est toujours menacée. Cependant, les consommateurs ont tendance à privilégier les produits de niche de première qualité (biologique, lait de pâturage, sans lactose), entraînant dans certains cas à une pénurie sur les marchés. Il a également présenté les premières estimations pour les bilans laitiers de 2017. L’abattage accru pourrait se traduire par un troupeau laitier réduit en 2016 et 2017. Les livraisons de lait de l’UE devraient rester inférieures à celles de 2016 au premier semestre 2017, mais pourraient rebondir au second semestre, entraînant une légère augmentation annuelle d’environ 0,5 %. Les incertitudes demeurent élevées à ce stade de l’année (évolution des prix, conditions météorologiques…).

(1) Avec la participation notamment des représentants de European Dairy Association (industrie laitière), d’EUCOLAIT (commerce laitier), d’EUROCOMMERCE (commerce de détail), du CEJA (Jeunes agriculteurs), du COPA-COGECA (producteurs et coopératives agricoles), d’ECVC (Via Campesina) et d’EMB (European Milk Board).