Le groupe coopératif italien Granarolo (1,181 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2016) s’est lancé depuis 2012 dans une politique de diversification de son chiffre d’affaires, en lançant des produits non-laitiers, en développant les ventes hors d’Italie et en réalisant de nombreuses acquisitions en Italie et dans le monde. En France, il étend sa gamme sous les marques Casa Azzura et Granarolo et approfondit son offre végétale. Et réalise des investissements importants pour doubler les capacités de son site de Saint-Omer.
Quelle place occupe la France dans la stratégie de Granarolo ?
La France est un des marchés prioritaires pour Granarolo. C’est de là que se sont mises en place des équipes fonctionnelles pour accompagner le développement en Europe. L’axe majeur de la stratégie du groupe consiste au développement à l’international et notre première acquisition à l’étranger a débuté avec la France avec Codipal, la maison mère de Casa Azzurra en 2012. L’année dernière, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 143 millions d’euros en France, dans les fromages pour l’essentiel grâce à notre marque Casa Azzurra. Celle-ci s’est placée au 7e rang des marques de fromages en France en taux de pénétration. Notre développement est basé sur une politique d’innovation très active puisqu’aujourd’hui 25 % de notre chiffre d’affaires en France est le fruit des innovations lancées depuis 2014.
Comment allez-vous développer vos ventes en France ?
Notre plan de développement pour la France prévoit une progression du chiffre d’affaires de 10 % en moyenne par an sur les trois prochaines années. L’objectif est de parvenir à 185 millions d’euros en 2019, sans compter une augmentation du chiffre d’affaires liée à d’éventuelles acquisitions. Nous comptons beaucoup sur les innovations que nous lançons cette année et qui traduisent une très forte diversification. Nous lançons par exemple une box pour faire sa pizza soi-même à la maison, proposée au rayon frais avec des ingrédients très qualitatifs. Autre exemple : les mousses fromagères en siphon à base de ricotta et de mascarpone, des préparations pour tiramisu ou cheesecake. En parallèle, nous poursuivons notre approfondissement dans les fromages avec des nouveaux produits comme Pertutti, les nouveaux râpés italiens. Nous allons également poursuivre le développement de la marque Yomo sur le marché français, notre gamme de yaourts 100 % naturel aux saveurs italiennes. Les premiers résultats sont très positifs.
Comment se porte votre gamme de produits de traiteur végétal ?
Nous sommes très satisfaits de notre lancement sur le marché français en septembre dernier. Les premiers produits mis en rayons ont trouvé leurs clients, et nous poursuivons avec notre spécificité : apporter de l’italianité dans le rayon du traiteur végétal en termes de recettes mais aussi d’approvisionnement en matières premières puisque le soja et le riz sont d’origine italienne. Nos produits sont en outre biologiques et végans et sont fabriqués dans l’usine Conbio en Italie, achetée en 2016. Nous parions fortement sur le végétal qui devrait représenter 15 % du chiffre d’affaires dans trois ans. Plus généralement, Granarolo dispose de toute une gamme de produits végétaux telles que des boissons et des desserts.
Prévoyez-vous des investissements en France dans l’outil industriel ?
Nous réalisons actuellement des travaux importants dans notre usine de Saint-Omer qui vont nous permettre de doubler la capacité actuelle du site. Nous allons ainsi nous renforcer dans les fromages à pâtes pressées et pouvoir répondre aux demandes des produits à l’international. Il s’agit d’un investissement important qui sera finalisé, pour la première vague, fin 2017.
Allez-vous poursuivre votre politique de croissance externe commencée en 2012 ?
Nous avons réalisé beaucoup d’opérations ces dernières années et nous allons continuer à renforcer notre présence au niveau européen et international, en privilégiant les acteurs qui ont une solide connaissance des attentes de leur marché local pour les produits italiens et en essayant de trouver des synergies avec le savoir-faire industriel, marketing, logistique du groupe. En 2017, ces investissements représenteront environ un chiffre d’affaires additionnel de 100 millions d’euros pour le groupe Granarolo. En France, nous restons à l’écoute du marché au cas où des opportunités pourraient se présenter.
Quelle est la politique d’investissement en Italie ?
En Italie, en ligne avec la stratégie de diversification, nous avons investi dans des domaines variés tels que les pâtes sèches aux œufs, la panification avec et sans gluten, le vinaigre balsamique ou le snacking. Le but est de disposer d’un portefeuille complet de produits italiens que nous pouvons exporter ensuite. Cela s’inscrit clairement dans notre stratégie de devenir un ambassadeur des produits italiens de qualité à l’international. En 2016, 38 milliards d’euros de produits alimentaires italiens ont été exportés. La France représente le 2ème pays en Europe, avec une croissance de 5,5 %.
Quels sont vos projets pour l’Europe ?
Nous disposons actuellement de 8 filiales en Europe qui représentent un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros. Nous sommes bien implantés sur les marchés clés. La marque Casa Azzurra, née en France, est déployée au niveau européen aujourd’hui, où elle réalise des ventes annuelles de 60 millions d’euros. Nous pensons que nous pouvons encore nous renforcer en Europe où la demande pour les produits italiens est en croissance. Pour cela, nous allons poursuivre notre développement dans les zones où nous sommes peu présents, comme par exemple dans l’est et centre de l’Europe.
Propos recueillis par Cyril Bonnel
Granarolo vise 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2019
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La coopérative Granarolo, dont le siège est à Bologne, est la troisième entreprise agroalimentaire en Italie après Ferrero et Barilla, et le premier acteur du secteur laitier à capitaux italiens. L’année dernière, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 1,181 milliard d’euros dans le monde (+9,5 % par rapport à 2015). Le pôle lait et boissons (440,8 M€) est en recul de 5,6 %, mais le premier pilier, le fromage et le beurre (477,8 M€) est en hausse de 11,7 %. Le reste des activités est en très forte hausse (+43 %) pour des ventes de 262,1 M€. L’Ebitda s’affiche à 81 millions d’euros, en hausse de 16,1 %.
Pour les prochaines années, Granarolo vise une forte augmentation de ses ventes qui devraient atteindre 1,5 milliard d’euros en 2019. L’international est appelé à prendre une place de plus en plus importante : de 24 % en 2016, les ventes internationales devraient dépasser les 35 % dans les deux prochaines années. Depuis 2012, elle s’est lancée dans une politique de développement international basée sur l’export et l’acquisition d’entreprises. Depuis deux ans, en Italie, elle a acquis le fabricant de pâtes sèches aux œufs Granarolo (même nom, mais sans lien avec la coopérative), Pandea (gressins), San Lucio (snacking à base de fromage) et Giacobazzi (vinaigre balsamique). Pour servir ses ambitions dans le végétal, elle a mis aussi la main sur Conbio qui s’est doté d’une usine neuve l’année dernière. Les acquisitions se multiplient aussi hors d’italie. Granarolo vient ainsi d’obtenir le feu vert de l’autorité de la concurrence grecque pour l’acquisition de 50 % de QBI (20 millions d’euros de chiffre d’affaires). En 2016, il s’est renforcé au Brésil avec 60 % d’Allfood et a réalisé des acquisitions en Suède (Matric Italgross), en Suisse (Comarsa et Angira) et en Estonie (Granarolo Baltics).