Ministre d’Etat de l’Economie, des Finances et de l’Industrie du 3e gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy avait prévenu qu’il allait s’attaquer au « problème des prix dans la grande distribution ». Son discours du 4 mai laisse penser que les relations industriels/distributeurs sont plus difficiles à gérer que le port des signes religieux à l’école.
Un ministre réputé prendre les problèmes à bras-le-corps prévenait qu’il allait s’attaquer aux prix dans la grande distribution ; des distributeurs voyaient déjà la loi Galland « abrogée », tandis que les industriels s’inquiétaient d’une possible remise en cause de l’interdiction de la revente à perte. Après la conférence de presse qui s’est tenue en grande pompe à Bercy le 4 mai et l’exposé des déclarations d’intention de Nicolas Sarkozy, il y a fort à parier que rien ne change. Que les uns se rassurent et que les autres ravalent leurs espoirs.
Table ronde
Tout en s’en défendant, le ministre de l’Economie et des Finances s’en est évidemment pris à la grande distribution qu’il a rendue responsable du niveau des prix en France. « Nous avons commencé de nous attaquer au problème des prix dans la grande distribution, dont la dérive explique largement le faible accroissement du pouvoir d’achat des ménages en 2003 », a-t-il déclaré. Pour Michel-Edouard Leclerc, c’est la loi Galland et l’interdiction de la revente à perte qui est responsable, non du faible accroissement, mais carrément de la baisse du pouvoir d’achat des Français.
Pour le ministre, pas question de remettre en cause cette interdiction. « Il faut conserver le principe de l’interdiction de la revente à perte », a prévenu Nicolas Sarkozy qui a ajouté : « Mais les relations entre les grands distributeurs et les grandes marques doivent être plus transparentes et les excès actuels de la coopération commerciale combattus ». Certes, estimeront les industriels, mais comment ? Par une nouvelle circulaire ? Par de nouvelles « assises » ? Presque : « Une table ronde se tiendra avec tous les acteurs concernés avant la fin mai. »
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Surréaliste
Le ministre a aussi adressé un message aux PME avec un volet quelque peu surréaliste, de la part d’un ministre dont les choix idéologiques sont plus proches de l’économie de marché que de la planification soviétique. « Des mesures d’accompagnement seront concertées avec l’ensemble des partenaires, en particulier pour faciliter l’accès des PME aux centrales d’achats », notamment « en leur réservant des linéaires en magasin » (ces derniers propos correspondaient à une digression improvisée de son discours).
Des assouplissements à la règle de la fermeture dominicale des commerces sont envisagés de même qu’une redéfinition des zones touristiques. Quoi qu’il en soit, il est une mesure annoncée par Nicolas Sakozy qui contribuera sûrement à relancer la consommation : le SMIC horaire sera augmenté de 3,7 % en juillet prochain.