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Porcs Marges des éleveurs de porcs européens : optimisme prudent pour 2012

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Un rapport de la Rabobank publié le 27 janvier prévoit une amélioration des marges des éleveurs de porcs européens en 2012. Cependant, les experts restent prudents.

Dans le secteur du porc européen en 2012, un rapport de la Rabobank prévoit des résultats très optimistes. Le prix du porc pourrait dépasser les 1,75 euro le kilo. Les éleveurs devraient s’y retrouver. Selon les experts de la Commission européenne, le prix du porc début 2012 est à un niveau record. Habituellement, il diminue entre l’été et l’hiver. 2011 a été atypique, puisque le prix n’a pas suivi le cycle habituel des derniers mois de l’année et s’est maintenu à des niveaux élevés. De fait, les exportations (portées en partie par l’affaiblissement de l’euro par rapport au dollar) devraient se maintenir. Courant 2011 (janvier à novembre), les envois européens avaient déjà progressé de 21 % par rapport à la même période de 2010, en particulier vers l’Asie (+99% vers la Corée du Sud et +92% vers la Chine). Selon l’Ifip (institut technique du porc), les exportations françaises dans le secteur du porc avaient représenté quasiment 1 milliard d’euros. Parallèlement, la baisse de la production européenne pourrait aussi soutenir les prix (-3,6 % en 2011). « Après un recul de 5% du cheptel reproducteur en mai-juin 2011, la Rabobank prévoit une baisse de 9% pour décembre 2011 », lit-on dans le rapport.

Meilleures marges en 2012

En moyenne annuelle, la marge brute en 2011 s’établit à 823 euros, contre 727 euros en 2008. En recul de près de 20% par rapport à 2010, l’indicateur marge brute calculé par l’Ifip « reste toutefois bien supérieure à la valeur enregistrée en 2008 », lit-on dans une étude de l’Ifip de janvier. L’optimisme des prévisions pour le premier trimestre 2012 porte aussi sur les coûts de l’alimentation. De fait, selon les experts de l’Ifip, « le coût matières premières perd 3 euros par tonne au mois de décembre. Ainsi, nous estimons que l’aliment Ifip s’établirait à 248 euros par tonne (-1,6% en un mois) ». Pour début 2012, les prévisions tablent sur une légère baisse du prix du blé en raison du retour de la Russie et de l’Ukraine sur le marché mondial. Entre revalorisation des prix à la production et tendance baissière du coût de l’alimentation, les marges des producteurs, mais aussi des industriels de la viande, gagneraient des points en 2012.

Prudence sur les prévisions

L’optimisme des prévisions reste sous conditions. La baisse de l’offre européenne censée soutenir les prix ne devrait être significative qu’à partir du second trimestre selon l’Ifip. Au premier trimestre, elle serait encore à des niveaux élevés. Et, parallèlement, la Rabobank assure que l’état sanitaire des élevages peut avoir des conséquences sur l’offre disponible mondialement. De fait, la fièvre aphteuse est toujours présente en Chine et la peste porcine africaine en Russie. Cela pourrait ralentir la production et par conséquent amoindrir les disponibilités. Selon le chef de l’inspection vétérinaire russe, concernant la peste porcine, la situation s’est dégradée depuis le début de l’année. Enfin, d’autres conditions tenant au climat poussent à la prudence sur les prévisions. De fait, l’augmentation de la production mondiale de céréales (liée au retour des volumes russes et ukrainiens sur le marché mondial) dépend toujours des conditions climatiques. La vague de froid qui sévit actuellement en Europe en est la preuve : sur les marchés à terme, les craintes de mauvaises récoltes tirent déjà les prix agricoles vers le haut.

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