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Spiritueux/Faillite Marie Brizard placé en redressement judiciaire

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Le tribunal de commerce de Dijon a placé, le 4 juillet, les sept filiales de Belvédère Groupe qui faisaient l'objet d'un plan de sauvegarde en redressement judiciaire. Les filiales en question sont Marie Brizard et Roger International S.A.S., Sobieski Sp z o.o., Destylarnia Sobieski SA, Destylernia « Polmos » w Krakowie SA, Sobieski Trade Sp z o.o., Domain Menada Sp z o.o., ainsi que Fabryka Wodek « Polmos » Lancut SA. Ce faisant, ces sociétés qui abritent des actifs stratégiques du groupe sont ainsi protégées. Cette procédure leur permettra de participer aux opérations de réalisations d`actifs actuellement en cours ainsi qu`au désendettement ce qui reste l`objectif prioritaire du groupe. Enfin, comme pour Belvédère SA, le tribunal de commerce a désigné Maître Frédéric Abitbol en qualité d’administrateur judiciaire avec mission d`assister les dirigeants. Me Philippe Maître et Me Jean-Claude Pierrel, mandataires judiciaires, ont été désignés représentants des créanciers.

Une longue saga judiciaire
Marie Brizard qui emploie 600 salariés sur deux sites en Espagne et quatre en France à Beaucaire dans le Gard (sirops et vins tranquilles), à Aigre en Charente (cognac et eaux de vie) à Bordeaux et à Lormont en Gironde, (whiskies, cocktails, liqueurs) a été rachetée en 2007 par le groupe Belvédère. Outre la célèbre marque éponyme de spiritueux, Marie Brizard compte d’autres marques reconnues, telles que le cognac Gautier, le gin Old Lady’s ou les anisés Berger. L’activité vins s’est par la suite renforcée par l’acquisition des Chais Beaucairois, rebaptisés Moncigale. Depuis 2005, la société William Pitters fait partie du groupe Marie Brizard, apportant une gamme de produits complémentaires dont des whiskies (William Peel, Glen Roger’s), les cocktails William Pitterson, la Tequila San José ou la vodka Odin. L’activité export représente 24% du chiffre d’affaires du groupe soit 90 M€. Basée à Bordeaux, Marie Brizard est une entreprise viable mais prise dans la tourmente judiciaire de sa maison mère. En juillet 2011, les dirigeants communs de Marie-Brizard, de sa filiale de vins Moncigale, et de sa maison-mère Belvédère dont le plan de sauvegarde a été dénoncé, demandent la mise sous sauvegarde de Moncigale et la confusion de son patrimoine avec celui de Belvédère. En septembre, le nouveau plan de sauvegarde est transformé en redressement judiciaire pour les deux entités mère et fille de Marie-Brizard, puis la confusion de patrimoine est annulée en mars 2012 par la cour d'appel de Nîmes, la filiale de vins Moncigale restant en redressement, et celui de la maison-mère étant prononcé le 20 mars par le tribunal de commerce de Dijon. La décision du 4 juillet est un nouvel épisode de cet imbroglio judiciaire. Vers le 13 juillet, un CE devrait se tenir en présence d’un représentant de la direction de la société bordelaise pour informer des employés désorientés quant à l’avenir du groupe.

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