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Volaille-Traiteur/Résultats Marie réduit encore les performances de LDC

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Le groupe LDC conditionne le maintien de ses objectifs, rendus possibles par la nette reprise de la consommation de volailles en début d’année, aux hausses de tarifs qu’il doit négocier avec la grande distribution pour tenir compte de la flambée de ses matières premières. Au terme du premier semestre de son exercice 2010-2011, c’est-à dire fin août, le groupe sarthois présente un résultat opérationnel courant de 47,8 millions d’euros, dont 4,8 M apportés par la nouvelle filiale Arrivé et une perte de 3,6 M attribuée à Marie, son autre acquisition de l’année qui, elle, est spécialisée dans les produits traiteur frais et surgelés.

Si Arrivé a atteint en seulement six mois son objectif de 3 % de rendement d’exploitation, le redressement de Marie, lui, est retardé par la nécessité de reconquérir des marchés perdus (environ 5000 tonnes au moment de la reprise), a expliqué le président du directoire Denis Lambert en présentant ses résultats. Cette reconquête s’est accompagnée d’une perte de marge brute, accentuée par le succès des coupons promotionnels. Le prix de vente moyen des produits de la branche traiteur a reculé de 2,4 %. L’intégration de Marie pèse aussi sur le résultat net semestriel du groupe, reculant de 13 % à 22,2 M EUR. Le budget de communication de la marque a été renfloué à hauteur de 4 millions après être tombé à 1 M en 2009. Et 10 M EUR ont été assignés au plan de sauvegarde de l’emploi, qui représentent la majeure partie de la provision de 13,3 M consacrée aux coûts de restructuration engagés dans le cadre des intégrations d’Arrivé et de Marie.

Le second semestre sera difficile
Denis Lambert a profité de la présentation de ces résultats pour marteler qu’il fallait que la grande distribution accepte une nouvelle hausse des prix pour répercuter l’envolée des cours des céréales utilisées pour l’alimentation animale, au risque de mettre en danger la filière avicole française. « Une première hausse de 6 à 8% a été consentie par les distributeurs le 1er novembre mais une deuxième augmentation, d’un égal montant, est indispensable dès que possible », a déclaré le patron de LDC. Cette revalorisation supplémentaire est « nécessaire avant janvier 2011 afin de préserver l’équilibre de la filière », a lancé le dirigeant qui a aussi confirmé que LDC s’attendait à un second semestre « difficile » et à des résultats en « net repli », de « 15% à 20% », pour l’exercice courant (septembre 2010 - février 2011). Depuis le mois de mai, les prix du blé, du maïs et du soja, base de la nourriture des volailles ont considérablement augmenté. Selon LDC, cette envolée a entraîné des hausses pouvant aller jusqu’à 13% du prix de la volaille, côté consommateur. Pour le groupe volailler, qui est engagé par contrat avec les éleveurs, le risque d’une non revalorisation de ses prix de vente serait de faire voler en éclats la contractualisation. « La filière se retrouverait dans la même situation que dans le porc », a avancé Denis Lambert.

Recul du bénéfice
Sur le premier semestre 2010-2011, LDC a enregistré un bénéfice opérationnel en baisse (-10%) à 34,5 millions d’euros et un bénéfice net part du groupe, également en recul (-13%), à 22,2 millions. Pour l’ensemble de l’exercice, outre l’impact de la hausse des matières premières, LDC prévoit que le redressement, plus long que prévu, de la société Marie pèsera sur sa rentabilité. Le groupe maintient toutefois son objectif de résultat opérationnel courant (ROC) dans ses activités de volaille et l’augmente même légèrement à 73 millions d’euros. Il conditionne toutefois cet objectif aux négociations des tarifs avec la grande distribution. A l’international, toujours dans sa branche volaille, LDC dit miser sur un ROC de 7 millions d’euros. Dans ses activités traiteur, LDC s’attend à une perte opérationnelle courante de 3 millions d’euros.
LDC avait déjà annoncé une hausse de 32,8% de ses ventes de mars à août, à 1,2 milliard d’euros contre 925 millions un an plus tôt, mettant en garde contre un excès d’optimisme. Ce chiffre a été gonflé par l’intégration des sociétés Arrivé et Marie. A périmètre identique, la croissance du groupe est ramenée à 2,4%.

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