Abonné

Fusions-acquisitions Marks & Spencer se dote d’une nouvelle direction pour barrer la route à Philip Green

- - 4 min

L’homme d’affaires Philip Green vient d’annoncer une offre d’achat de Marks & Spencer. La déclaration d’intérêt, rendue publique le 27 mai, intervient quelques semaines seulement avant la date initialement prévue pour le départ de Luc Vandevelde de la présidence du distributeur. Marks & Spencer a répliqué en limogeant son directeur général, remplacé par Stuart Rose afin de s’opposer à un rachat par le propriétaire de la chaîne de magasins BHS.

Tout vient à point à qui sait attendre. Le dicton pourra s’appliquer à Philip Green, l’homme d’affaires britannique connu pour avoir racheté la chaîne de magasins d’habillement bon marché BHS, s’il parvient à s’emparer du groupe de distribution Marks & Spencer, comme il en a annoncé l’intention le 27 mai. Agé de 52 ans, Philip Green a repris BHS en 2000 en déboursant seulement 200 millions de livres (298,5 millions d’euros). Depuis, la valeur de la chaîne a quintuplé.

Mais Marks & Spencer vaut bien autant : quelque 8 milliards de livres (BB milliards d’euros), selon sa capitalisation boursière, et les analystes tablent sur une offre valorisant le groupe entre 9 et 10 milliards de livres (entre 13,4 et 14,9 milliards d’euros). Philip Green a d’ores et déjà constitué une société, Revival Acquisition, pour déposer une offre en attendant d’obtenir l’accord des dirigeants de Marks & Spencer.

L’homme tombe à point : le président de Marks & Spencer, Luc Vandevelde, est sur le départ et le directeur général, Roger Holmes, est contesté, alors que le groupe vient d’annoncer qu’il n’était « pas satisfait » de ses ventes sur son dernier exercice. Le redressement de M & S, auquel Luc Vandevelde a travaillé depuis deux ans, avec la cession de tous les magasins à l’étranger, semble avoir trouvé une limite.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

distribution
Suivi
Suivre

« Effet immédiat »

Néanmoins, l’approbation d’une offre de Philip Green est loin d’être acquise. Le conseil d’administration de Marks & Spencer s’est mis en ordre de bataille. Il espère barrer la route à l’homme d’affaires en se remettant à l’œuvre. Il vient d’annoncer la réorganisation de la direction du groupe « avec effet immédiat ». Le directeur général, Roger Holmes, a annoncé sa démission, et a été remplacé par Stuart Rose. Luc Vandevelde a quitté l’entreprise, également avec effet immédiat. Paul Myners assumera les fonctions de président par intérim jusqu’à ce que soit trouvé un successeur à Luc Vandevelde, qui avait annoncé le 10 mai dernier son intention de quitter le groupe en raison d’engagements personnels, notamment auprès de la famille Halley, actionnaire de Carrefour.

Stuart Rose a beau être un ancien d’Arcadia, le groupe de Philip Green – il a passé 17 ans au sein de Marks and Spencer avant de diriger les groupes de distribution Argos, Booker et Arcadia –, sa nomination a été accueillie comme le signe que Marks & Spencer se défendrait avec acharnement contre le milliardaire. « Je n’ai pas accepté cette fonction pour vendre le groupe », a-t-il déclaré le 31 mai.

Quatre ans après une première tentative, en 2000, et un an après l’échec d’une offre sur la chaîne de supermarchés Safeway, Philip Green devrait donc bientôt annoncer une nouvelle offre sur l’enseigne britannique. Si les conditions de son succès semblent réunies, car les actionnaires pourraient bien se montrer intéressés, l’homme d’affaires devra cependant compter avec les autorités britanniques de la concurrence.