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 Evaluation des produits phytosanitaires Martin Hirsch s’insurge de n’être pas informé

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Consulté sur les risques sanitaires liés au fipronil, Martin Hirsch, directeur général de l’Agence française de sécurité des aliments, explique dans une note interne du 16 février adressée au directeur général de la santé qu’il manque de données pour évaluer ces risques ainsi que ceux liés aux produits phytosanitaires en général. Il explique que les plans de surveillance des denrées alimentaires menés par la DGAL ne prennent pas en compte le fipronil.  

Les problèmes de santé publique concernant le fipronil et soulevés par l’enquête judiciaire sur les mortalités d’abeilles ont gagné récemment l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). En effet, le juge a adressé le rapport du toxicologue Jean-François Narbonne (1) au directeur général de la santé, William Dab sans doute pour avis. A réception du rapport, William Dab l’a adressé à son tour «de manière informelle» à Martin Hirsch, attendant des éléments sur le sujet du fipronil de la part de l’Agence.

Mais l’agence a dû avouer qu’elle séchait sur le sujet. Dans sa note, Martin Hirsch révèle l’indigence des éléments à disposition de l’Afssa, ce qui lui interdit une appréciation des risques sanitaires lié à l’insecticide. Il ne peut fournir que «des éléments d’analyse» «très partiels».

«Nous ne disposons pas des données contenues dans les dossiers d’homologation soumis à la commission des toxiques», explique M. Hirsch. «En second lieu, certaines informations ne semblent pas exister comme par exemple des données issues de plan de surveillance sur le fipronil, dans les denrées alimentaires».

Il écrit avoir insisté par notes et au cours de réunions «sur le caractère préoccupant et insatisfaisant de cette situation».

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Difficultés à exercer «les missions que nous confie la loi»

Plus largement «il est extrêmement difficile d’avoir une vision complète de la situation des produits phytosanitaires alors que les enjeux sanitaires sont importants et que leur maîtrise semble problématique», écrit le directeur de l’Afssa. «Je rappelle que nous n’arrivons pas à avoir de données pertinentes pour analyser le risque dans les départements d’Outre-Mer, alors que nous en avons été saisis il y a deux ans, qu’il est régulièrement rapporté des écarts concernant les pratiques (mélanges, non respect des conditions d’utilisation...) sans que nous disposions de moyens de les objectiver, et que, dans ce domaine en particulier, nous ne pouvons correctement exercer les missions que nous confie la loi», ajoute t-il. Avant de conclure «ce dossier est une illustration parmi d’autres».

«La loi nous a chargé de l’évaluation de l’ensemble des risques, sauf de l’évaluation des risques des produits phytosanitaires», explique t-on à l’Agence.

Les questions de santé publique dans l’affaire du Régent TS pourraient relancer la demande insistante de l’Afssa d’intégrer en son sein la Commission d’étude de la toxicité aujourd’hui attachée au ministère de l’Agriculture.