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Edito Maudits profils

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La Commission de Bruxelles bat en retraite. Sa volonté de mettre de l’ordre dans les allégations-santé qui fleurissent sur les étiquettes des produits alimentaires était pourtant légitime. Non seulement pour protéger le consommateur contre toute tromperie en obligeant les fabricants à prouver au préalable leurs assertions. Mais aussi pour harmoniser les règles d’un pays à l’autre et assurer ainsi une loyale concurrence entre ces mêmes fabricants. Le projet – qui remonte à près de cinq ans ! – s’enlise pourtant aujourd’hui parce que le règlement-cadre, d’ores et déjà en vigueur, renvoyait à des modalités d’application sur lesquelles personne n’est d’accord, signe qu’elles ont été particulièrement mal conçues : les fameux profils nutritionnels qui doivent faire référence pour départager les produits autorisés à alléguer et ceux qui n’en auront pas le droit ressemblent à un pétard à retardement. L’exécutif européen vient de renoncer à les publier tellement ils suscitent de levées de boucliers. Et il reporte courageusement le dossier au lendemain des prochaines élections européennes. L’exercice était forcément plein d’embûches car il conduit soit à modifier nombre de recettes notamment de produits traditionnels, soit à les exempter purement et simplement des nouvelles règles. Limitée dans son champ d’application aux seuls aliments très « industriels », la réforme va forcément concentrer toutes les critiques, celles de professions malmenées par un traitement inégalitaire, et celles bien sûr des défenseurs des consommateurs pour qui la transparence promise se solde par un marché de dupes.

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