Difficile de savoir si oui ou non la signature de l'accord commercial entre l'UE et les Etats-Unis, communément appelé TTIP ou Tafta, interviendra d'ici à la fin de l'année, tant les déclarations des uns et des autres relèvent d'une véritable cacophonie. Personne n'a visiblement le même degré de lecture sur l'état d'avancement du dossier ou plutôt n'a un discours cohérent. Et ce ne sont pas les derniers rebondissements concernant l'accord de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta) qui prouvent le contraire.
Moins d'une semaine après les propos de Jean-Claude Juncker affirmant que ces accords n'étaient pas « mixtes » c'est-à-dire qu'ils ne nécessitaient pas l'accord des parlements nationaux, la Commission européenne a fait volte-face. « Pour arriver à une signature rapide, la commission a décidé de proposer le Ceta en tant qu'accord mixte » a ainsi indiqué l'exécutif européen le 5 juillet.
Même si cette déclaration va plutôt dans le bon sens, elle ne lève pas les doutes sur l'opacité qui entourent les négociations de ces accords. Pire elle jette le discrédit sur Bruxelles, dont on hésite à savoir si ces messages contradictoires à quelques jours d'intervalles relèvent de l'amateurisme ou de la mauvaise foi.
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Est-ce à dire en effet, qu'il est possible, en cours de route des négociations, de modifier les règles ? Matthias Fekl, secrétaire d'État au Commerce extérieur français s'en est d'ailleurs étonné. « On ne peut pas au détour d'un accord, parce qu'on a l'impression qu'il va y avoir des difficultés dans le processus de ratifi cation, tout d'un coup changer les règles et vouloir zapper les Parlements nationaux du processus. C'est incroyable ». On serait énervé pour moins que ça.
Une chose est sûre, tout ceci ne va pas dans le bon sens pour redorer l'image de Bruxelles. Un constat bien regrettable encore une fois, à l'heure du Brexit.