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POMME DE TERRE/RÉORGANISATION McCain ferme son usine de Grobbendonk (Belgique)

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Les nouveaux contrats 2015-2016 liant McCain avec les producteurs français de pommes de terre seront présentés ce vendredi à Arras. En attendant, le géant canadien poursuit la réorganisation européenne de ses unités industrielles, une étape nécessaire pour obtenir de nouveaux gains de productivité et répondre à de nouveaux marchés.

La direction de McCain a annoncé le 16 janvier dernier son intention de fermer l'usine de Grobbendonk, située à l'est d'Anvers (Belgique). « Une décision qui a un impact potentiel sur 92 ouvriers et 31 employés », selon l'agence belge Belga.

Les activités de production de Grobbendonk seraient « transférées sur le site de Lutosa à Leuze-en-Hainaut acquis durant l'été 2013 où la production des spécialités à base de pommes de terre pour le continent européen serait centralisée », poursuit l'agence Belga.

Cette fermeture intervient après les deux acquisitions majeures qu'ont représenté pour la marque canadienne, le rachat du hollandais Cela Vita en juillet 2012 et celle du belge Lutosa un an plus tard. McCain y a investi plus de 40 M€ pour remettre les outils industriels belges et hollandais à ses propres normes.

Avec l'annonce probable de la fermeture de Grobbendonk, McCain Europe Continentale poursuit ainsi son plan de dix ans (2008-2018) au terme duquel il aura notamment réorganisé ses principaux sites de production en Europe Continentale et revu de fond en comble son organisation interne. Le groupe avait déjà procédé à la fermeture de son unité hollandaise d'Hoofdorp en 2006 et rapatrié l'ensemble des volumes produits vers son site français de Matougues et fermé une petite unité de production de pizzas et autres spécialités à Ostende (Belgique).

« L'EUROPE, UN SEUL ET MÊME PAYS ! »

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« Si on veut être efficace demain, il faut considérer l'Europe comme un seul et même pays », avait confié en octobre 2014 Jean Bernou à AgraAlimentation. Le président de McCain Europe Continentale rappelait « qu'entre 2002 et 2012, les volumes de production de McCain Europe Continentale avaient été multipliés par 2,2 et les acquisitions de Cela Vita et Lutosa avaient apporté 37 % de volumes de production supplémentaires ».

En parallèle, Jean Bernou a fait évoluer la structure Europe Continentale « étape par étape et sans révolution en gommant la notion de pays ! ». Il y a bien sûr des facteurs externes qui ont poussé à ces évolutions (crises sociales, de la consommation, concentration européenne des clients …) mais également des raisons propres au groupe. « Si on veut se démarquer de nos concurrents, il faut changer », expliquait Jean Bernou. Mc Cain, qui possède plus de 200 personnes sur le terrain de l'Europe Continentale (« de l'Atlantique à l'Oural »), s'est ainsi organisé différemment depuis le 1er juillet 2014 : « Une organisation plus efficace et plus profitable », même si ce territoire vaste ne compte pas moins de 38 langues différentes ! À côté du staff propre à Lutosa qui reste pour l'instant à côté de cette nouvelle réorganisation, McCain a créé une division GMS Retail, RHD Food Service, une division Restauration rapide pour les gros clients comme McDo, Burger King, KFC…, une branche dédiée aux marchés émergents (Turquie Russie Yougoslavie, Israël… et une division spécialisée « satisfaction des consommateurs ».

Elles sont respectivement dirigées par Lucille Degrave, Lorenzo De Sottomajor, Hega Hofmeister, Pedro Alexandre et Jean-François Delage.

Le 6 février prochain, Jean Bernou doit intervenir devant le millier de producteurs livrant les trois usines françaises. Nul doute qu'il lèvera un coin du voile sur la stratégie future d'un groupe de plus en plus européen. Mais qui a néanmoins différé ses projets en Russie et préserve encore les cinq outils industriels britanniques dans une division autonome…