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Europe/Investissement McCain implantera sa 11e usine européenne à Briansk (Russie)

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McCain semble s’affranchir de la crise qui frappe la vieille Europe où il connaît un taux de croissance de 7%. Le marché russe explose, obligeant le groupe canadien à passer la surmultipliée et à envisager les conditions d’implantation d’une 11e usine dans la zone d’Europe au sens large pour le groupe. Avec le rachat de Lutosa et de CêlaVita, le groupe a fortement élargi sa palette de références et renforce sa présence sur tous les créneaux de distribution.

McCain réalise actuellement de gros investissements dans les deux nouvelles usines belges que le groupe canadien vient de racheter en mai dernier au groupe Pinguin (actuellement Greenyard Foods). La Commission Européenne l’a en effet autorisé à se porter acquéreur de l’entreprise Lutosa en mai dernier sous réserve du respect de certaines conditions.
« Nous avons eu l’accord des autorités européennes pour ce rachat à condition que nous vendions nos activités réalisées dans la GMS belge à la marque Lutosa », explique à Agra-Alimentation, Jean Bernou le CEO de McCain Europe Continentale.
McCain conserve bien évidemment la propriété de la marque Lutosa qu’elle utilisera dans les autres pays européens et sur des créneaux de distribution autres que ceux du « Retail » en Belgique. D’autant que la marque est très bien positionnée sur les produits d’un bon rapport qualité/prix.
« Les acteurs intéressés sont plus nombreux que je ne le pensais de prime abord, poursuit-il. Ce sont, soit des opérateurs de la transformation de pommes de terre qui ont la volonté de pénétrer le marché belge, soit des opérateurs spécialisés dans les produits surgelés qui souhaitent agrandir leur gamme de références ».
L’opérateur qui va acquérir cette activité disposera de la marque durant sept ans, durée pendant laquelle McCain s’engage à ne pas utiliser la marque Lutosa dans la GMS belge.
 
Une gamme complète à l’exception des chips !
McCain est actuellement en train de mettre aux normes les deux sites belges de Leuze et de Waregem en y transférant ses savoir-faire technologiques avec pour objectif à court terme de produire 380 000 tonnes de produits finis par an, notamment à partir des 3 lignes de production de frites et des autres lignes de spécialités à base de pommes de terre implantées à Leuze. Le canadien procède de la même façon dans son usine hollandaise CêlaVita B.V. qui doit devenir son centre européen de production de produits frais non préfrits.
Avec ces deux nouvelles acquisitions, McCain, est désormais présent sur tous les segments de la pomme de terre transformée… à l’exception de celui des chips sur lequel le groupe ne compte pas s’aventurer !
« Nous étions sur les productions de flocons, de produits frais non préfrits, de frais préfrits, de frites surgelées et de spécialités à base de pommes de terre. Avec CêlaVita et Lutosa, nous sommes désormais présents sur les segments des produits frais précuits et non précuits », explique Jean Bernou.
En Europe Continentale, le groupe – qui a élargi son bassin d’approvisionnement en pommes de terre – transforme désormais 2 millions de tonnes de tubercules dont un peu plus d’1 million de tonnes en France. Il possède une large palette de références. Il est également présent sur la quasi totalité des canaux de distribution et s’attaque désormais aux drives, à l’e-commerce, ainsi qu’aux soft-discount comme les chaînes LeaderPrice en France, Mercadona en Espagne ou Biedronka en Pologne.
Avec désormais dix sites industriels européens et un bassin d’approvisionnement en tubercules nettement élargi lui permettant de limiter ses risques climatiques, McCain peut désormais développer fortement ses ventes à l’Est de l’Europe.
 
Une 11e usine à Briansk
McCain semble en effet s’affranchir de la crise qui frappe l’Europe depuis plusieurs années. « Notre croissance a été de 7% y compris dans la zone méditerranéenne », explique le président. Une forte présence sur le terrain (une force de vente de près de 200 personnes) et un bon contrôle du marché expliquent un tel résultat. « En Russie, c’est un taux de croissance de 30% », fait-il observer.
Là-bas, McCain a passé la surmultipliée pour conquérir un nouveau marché très prometteur. Le N°1 mondial de la frite commercialise actuellement « l’équivalent du double des ventes assurées sur le marché belge ». Et il a dû mal à suivre la demande.
Il a développé son réseau variétal, dispose désormais de plus de 300 ha de culture de tubercules autour de Moscou, investit dans le stockage et a même déjà prévu le futur lieu d’implantation de sa nouvelle usine.
« Ce sera à Briansk, une ville russe située à mi-chemin entre Kiev et Moscou », confie-t-il. Mais il est encore prématuré de parler de pose de la première pierre ! « Nous nous engagerons définitivement quand le marché russe dépassera les 80 000t/an », confie Jean Bernou, assurant que le « board canadien » n’avait pas encore donné son feu vert.
McCain croit également beaucoup aux développements du marché turc. Ce pays de 75 millions d’habitants offre d’énormes possibilités. C’est un marché important où l’on peut envisager des partenariats, des acquisitions voire une implantation à terme. « On peut tout envisager en Turquie », conclut-il.

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