Le dossier de la rémunération des éleveurs laitiers était jugé brûlant puisque le Premier ministre lui-même s’en était mêlé, ce dont il peut se féliciter, car il semble qu’une issue ait pu être trouvée. Il est vrai que de nombreuses promesses avaient été faites, notamment lors du Salon de l’agriculture et que le climat devenait de plus en plus lourd entre les différents protagonistes. Les éleveurs étaient particulièrement motivés, jouant pour certains leur survie et brandissant la menace, fort réelle et compréhensible, de se convertir vers d’autres activités. À l’heure où le gouvernement et le consommateur veulent défendre « le produire local », c’eût été particulièrement malvenu. Les grands acteurs de la distribution étaient également peut-être las d’être montrés, images télévisées de supermarchés envahis de tracteurs à l’appui, comme les mauvais joueurs de la partie. Ils ont donc lâché du lest, mais en s’assurant qu’ils ne seraient pas les dindons de la farce et que la hausse des prix qu’ils consentaient iraient bien aux producteurs. Cette défiance à l’égard de l’échelon intermédiaire que sont les industriels en dit long sur le climat qui règne dans les négociations des acteurs de l’alimentaire. Pour faire bonne mesure, le délégué général des entreprises du commerce et de distribution, dans un entretien aux Echos, pointait du doigt les coopératives agricoles et agroalimentaires qui « font payer les consommateurs pour préserver leur rente de situation ». Et de s’inquiéter que la discussion de la loi de consommation qui est présentée ce jeudi en Conseil des ministres, ne soit l’occasion de faire changer les règles actuelles des négociations commerciales. Les fleurets ne sont plus mouchetés, l’artillerie est prête. Le débat risque de perdre en sérénité et l’accord sur le lait n’aura été qu’une éclaircie dans ce temps pluvieux de printemps.

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