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Vigne Meilleure qualité du raisin et moins d’herbicide grâce à l’enherbement

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L’enherbement de la vigne, technique appliquée sur plus d’un tiers du vignoble français, surtout en Alsace, dans le Bordelais et en Charentes, permet d’améliorer la qualité du raisin et limite l’utilisation d’herbicide, selon Agreste primeur de février 2009.

En 2006, plus d’un tiers du vignoble français pratique l’enherbement alors qu’il est imposé par cahier des charges sur seulement 9%. Semé ou spontané, il se limite souvent à l’inter-rang. Présent en Alsace, dans le Bordelais et en Charentes, il est peu utilisé en Champagne et dans les vignobles méditerranéens. Le faible écartement des rangs (en Champagne notamment), est un obstacle à la mise en place d’un couvert permanent car il gêne le passage des engins. « Là où les rangs sont séparés de moins de 1,20 mètre, le couvert n’est adopté que sur 20% des surfaces », précise Agreste.

Les avantages du couvert végétal sont nombreux. Il réduit le développement du botrytis (pourriture grise). Il limite la vigueur de la vigne, en absorbant une part d’eau et d’éléments nutritifs. Il est apprécié de certains viticulteurs bordelais et alsaciens, qui effeuillent et vendangent en vert pour réduire les rendements. En revanche, dans les vignobles du sud, le manque d’eau et le faible risque de botrytis n’incitent pas à enherber. En Charentes, où la pluviométrie est forte, l’enherbement améliore la portance du sol. Il évite, en général, l’érosion et le ruissellement (meilleure pénétration de l’eau). Le couvert peut se réduire à l’hiver pour limiter la concurrence avec la vigne. Un autre moyen de prévenir l’érosion est la couverture du sol par un « mulch » (paille ou écorce).

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Enfin, dernier atout, l’enherbement réduit l’utilisation d’herbicide. Les substances les plus utilisées sont d’abord le glyphosate puis le diuron (interdit depuis decembre 2008) et l’aminotriazole.

« Ces substances actives, très aptes au ruisellement, sont fréquemment retrouvées dans les eaux superficielles des bassins versants à dominante viticole », selon Agreste. « Face à l’évolution de la réglementation et aux objectifs du Grenelle en matière de réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques, l’enherbement permanent et le travail du sol apparaissent comme des alternatives au désherbage chimique exclusif », conclut le service du ministère.