L'utilisation des mélanges variétaux se développe en semences de blé. Pour 50 % des agriculteurs sondés, l’intérêt réside dans la sécurisation des rendements, selon les résultats provisoires d’une étude du Staff (trieurs à façon) en grandes cultures.
Le suivi des chantiers de tri en mélange du Staff montre que l’objectif recherché par l’agriculteur est d’abord de sécuriser la production (50 % des réponses). Lorsqu’une variété décroche, d’autres peuvent en effet sauver le rendement de la parcelle. C’est ensuite de réduire les coûts liés aux intrants (25 %). L’intérêt des mélanges est de présenter des variétés aux caractéristiques agronomiques différentes, offrant par exemple une meilleure résistance globale aux maladies, à la verse, explique Sylvain Ducroquet. Autres motivations, simplifier le travail (15 %), tester la pratique (entre 5 et 7 %), renforcer la résistance aux adventices, et, loin derrière, valoriser les terres à faible potentiel. 2 % seulement des agriculteurs citent comme objectif d’augmenter le rendement. Cette enquête menée en 2018 concerne les membres du Staff, dont l’activité se concentre dans le blé (80 à 90 %). Le syndicat totalise 42 entreprises, qui revendiquent 40 à 50 % du triage à façon.
Progression des surfaces
Les trieurs à façon se présentent comme le fer de lance des mélanges variétaux, dont l’utilisation marque une progression en semences de blé. Cela concerne 400 000 ha en 2018, contre 50 000 ha en 2010, d’après le Staff. « On va très vite atteindre 500 000 ha, soit 10 % des surfaces en blé tendre » (4,878 Mha l’an dernier), a lancé le 20 juin Sylvain Ducroquet lors d’une conférence de presse. Leur développement vient des semences de ferme, avec en blé 15 % de mélanges variétaux, selon le syndicat. Un chiffre bien supérieur aux 8,5 % mesurés pour l’ensemble de la production. Explication : la commercialisation des mélanges de semences de plusieurs variétés n’est autorisée que depuis un arrêté du 26 juin 2018 (JO du 6 juillet). Jusque-là, cette pratique culturale se limitait aux semences de ferme, pour lesquelles ni échange, ni don, ni vente ne sont permis.
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La pratique va « très vite » atteindre 500 000 ha, soit 10 % des surfaces en blé, d’après le syndicat
Semences : les trieurs à façon veulent négocier leur entrée au Gnis
Le Staff (trieurs à façon) a indiqué le 20 juin vouloir négocier son entrée au Gnis (interprofession des semences). « On souhaite ouvrir des négociations » avec le Gnis, a déclaré le président Sylvain Ducroquet, réclamant la désignation d’un médiateur au ministère de l’Agriculture. Pour adhérer à l’interprofession, le Staff veut notamment « avoir une discussion » sur le financement de la recherche variétale : s’il accepte la récente augmentation des royalties versées aux obtenteurs, le syndicat aimerait une cotisation pour les semences de ferme inférieure à celle des semences certifiées. D’autres sujets sont mis sur la table comme l’orientation de la recherche, la réglementation sur les hybrides. Le 10 janvier, le Gnis avait indiqué réfléchir à une modification de sa gouvernance pour éventuellement intégrer de nouveaux membres, dont le Staff. « Des contacts ont été pris » entre les deux organisations mais « le chantier traîne un peu », d’après Sylvain Ducroquet. « Je ne suis pas sûr qu’on y aille », a-t-il souligné. Car à ses yeux, le Gnis représente l’« ancien monde », « sans réelle concertation ». Le Staff se voit lui dans le « nouveau monde », qui se veut « participatif » et avec « différentes façons de produire ».